25.11.2009

3 questions à Christian Ball

christian-ball.JPGAh ce Cagliostro. Il donne la parole à gauche, on le voit au PS, il passe au vert, on le sent écolo, il passe à droite on le dit ailier, au centre, pluriel. Retour vers Schiltigheim où nous allons à la rencontre d’un mouvement politique. Le MDA ? Non, le Mouvement Républicain Indépendant. Nous attrapons son président, Christian Ball, au bond.

 

Cagliostro : Christian Ball, qu’est ce que le MRI ? Un mouvement  pour une ville comme Schiltigheim, cela fait presque « parti », alors, dites-nous tout ?

 

Christian Ball : C’est un peu une tradition ancrée dans notre ville que de développer des mouvements or des partis. Cela n’avait pas trop mal réussi à Alfred Muller… Nous nous appelons effectivement Mouvement Républicain Indépendant. Pour être honnête avec vous, lors de la création du MRI, je ne trouvais ce nom pas suffisamment « schilikois » mais ce fut le choix de la majorité de nos membres.

 

Aujourd'hui, après 11 mois de recul, je trouve que cela nous convient parfaitement. Nos nombreuses actions sur le terrain aux côtés des habitants, des associations et des commerçants de notre ville caractérisent notre constant mouvement. De par nos sensibilités diverses de Droite et du Centre nous défendons des valeurs républicaines telles que le respect,  le travail, la liberté ou la sécurité.   Enfin si 35% de nos adhérents ont une carte à l'UMP, au Parti Radical ou au Nouveau Centre, 65 % n'ont jamais eu d'engagement politique, ils sont totalement indépendants.

 

Finalement, le MRI reflète une certaine réalité de notre ville.

 

Pour autant, sommes-nous un parti politique ? Ce n’est en tout cas pas notre objectif. Nos statuts sont bien ceux d’une association. Il y a un an, lorsque nous nous sommes unis c’était clairement pour réfléchir au Schilick de demain, mais aussi pour répondre aux problèmes quotidiens de notre ville. Dans cet esprit, nous avons  nommé un  responsable dans chaque quartier, afin d'être au plus prêt des préoccupations des habitants. Nous avons aussi crée des commissions qui nous permettent de traiter les sujets d'actualité, de défendre les intérêts des schilikois, mais aussi de présenter des propositions concrètes.

 

À mon sens  Schiltigheim doit  revenir à ses fondamentaux.  Elle est la deuxième ville de la Communauté Urbaine, elle est voisine du Parlement Européen, elle a des atouts formidables, tant sur le plan démographique qu’économique. Malheureusement, depuis 2008, les choses ne vont pas forcément dans le bon sens et c’est plutôt les intérêts individuels qui priment sur l’intérêt général. Nous relevons une absence cruelle de vision d’avenir au profit d’une communication personnelle qui ne sert malheureusement pas les intérêts de nos concitoyens.

 

 

Cagliostro : Et vous-même, on vous sait proche de l’UMP, mais au-delà, avec votre association, vous incarnez une opposition « hors conseil ». Pour quoi faire, l’opposition du conseil ne suffit pas ?

 

Christian Ball : Je sens un peu de perfidie dans cette question. Tout d’abord, oui je suis membre de l’UMP. Je suis même conseiller national de l’UMP pour la 3ème Circonscription. Je ne l’ai jamais caché et ce n’est pas maintenant que cela va commencer. Avant, j’étais membre du RPR car dans ma famille nous étions tous gaullistes. Je me reconnais beaucoup dans le style du Général de Gaulle, qui a su donner de la grandeur tout en restant humble. J’ai aussi une fibre sociale importante contrairement à l’image que l’on essaye de véhiculer sur les personnalités de droite.

En résumé, j’aime l’ordre, la sécurité, la liberté d’entreprendre, mais je défends aussi le service public ou l’aide pour ceux que la vie n’a pas épargné.

 

Vous le voyez, mon engagement à l’UMP ne m’empêche pour autant pas d’être un homme totalement libre dans mes pensées comme dans mes actions au quotidien.

 

Venons-en à votre appellation d'opposition « hors conseil » que vous opposez aux élus. Tout d'abord, nous avons des conseillers municipaux qui sont membres fondateurs de notre association. D’anciens colistiers d'autres groupes, non élus après 2008,  nous ont également rejoints, car notre mouvement doit permettre à toutes les tendances de droite et du centre de se parler, de s’écouter bref d’échanger. Les élections municipales de 2008 ont démontré que la division était néfaste et notre travail consiste aujourd’hui aussi à éviter que cette situation ne se reproduise.

 

S’agissant des élus, et peu importe le groupe auquel ils appartiennent, leur mission n’est pas des plus facile. Leurs moyens pour agir sont faibles, l’opacité pratiquée par l’actuelle municipalité est totale, leur parole est encadrée en conseil jusque dans le journal municipal. Sous l’autorité de Raphaël Nisand, le rôle du conseil municipal se réduit inéluctablement en une simple chambre d’enregistrement de décisions déjà prises en amont dans ses bureaux de la route de Bischwiller. Cette situation est tout simplement inacceptable.

L’esprit de consensus, de dialogue, d’écoute, incarné par Alfred Muller lorsqu’il était maire, a tout simplement disparu depuis l’arrivée de monsieur Nisand.

 

En résumé, le MRI et les élus sont complémentaires dans le nécessaire travail de veille que nous devons mener au quotidien.

 

Cagliostro : Vous avez porté des critiques fortes contre Raphaël Nisand. Quoi et pourquoi ? 

 

Christian Ball : Nous dénonçons effectivement des faits précis et des comportements. Nous dénonçons son style autoritaire et autocratique, mais aussi ses méthodes brutales et sectaires inadaptées à notre ville.Ce qui se passe aujourd’hui à Schiltigheim est préoccupant, mais ce n’est pas seulement le fait d’un seul homme, car sa majorité cautionne ces dérives et certains en sont même les instigateurs.

 

C’est malheureux à dire, mais Raphaël Nisand conduit résolument Schiltigheim dans une impasse.

La gestion du dossier Adelshoffen en est la parfaite illustration. La concertation entamée par Alfred Muller, notre ancien Maire, a tout simplement été balayée d’un revers de main par monsieur Nisand, car le dossier n’était pas à son goût. On croit rêver ! Au MRI, nous préférons résolument le dialogue et l’échange à la prise de décision seule pour ne pas dire autoritaire.

La gestion de l’implantation d’un terrain d’accueil pour les gens du voyage à la Vogelau est également catastrophique.

 

Là encore, Raphaël Nisand a imposé son souhait contre le bon sens, mais heureusement le commissaire enquêteur est venu remettre de l’ordre dans ce dossier. Monsieur Nisand veut passer outre son avis négatif au risque de conduire notre ville devant le tribunal administratif. Combien un procès va-t-il nous coûter surtout si nous perdons, car, cette fois, la bonne foi ne pourra plus être invoquée.

 

Et que dire du départ provoqué de la présidente de l’OSCAL pour suspicion d’incompatibilité politique ? C’est du jamais vu à Schlick. On place maintenant les amis du maire aux postes clés de la ville. 

La censure qu’il a pratiquée dans le journal municipal à l’encontre de son opposition n’est pas davantage acceptable.

 

Nous dénonçons l’égocentrisme de Raphaël Nisand, son désir d’exister, d’être roi dans sa ville qu’illustrent parfaitement ses prises de position estivales sur la création d’une grande métropole autour de Strasbourg. A mon sens, ne pas constituer cette métropole serait une erreur historique surtout pour notre développement économique !

 

Les 2 premières années de mandat de Raphaël Nisand sont remarquablement illustrées par les 2 premières décisions qu’il a prises quelques jours après avoir été élu. La première consista à augmenter les indemnités des élus en pleine crise économique internationale et la seconde fut celle de s’octroyer des frais de représentation, frais que notre ancien Maire, Alfred Muller, refusa d’instaurer durant la totalité de son mandat et qui font malheureusement la une de l’actualité aujourd’hui sur leur utilisation. En termes de symbole, on peut rêver mieux. La suite, n’est qu’une interminable fuite en avant.

 

Nous devons donc préparer l’avenir, unir tous les talents, additionner toutes les volontés, toutes les énergies en respectant toutes les individualités, toutes les sensibilités, toutes les croyances, pour être capables de présenter demain une alternative crédible à Raphaël Nisand !

 

 

NDLR : Bien entendu si les pensées sont libres, vos commentaires gagnent à être modérés. Nous apprécions la polémique mais éviterons les coups bas.

09:00 Publié dans 3 questions à | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : schiltigheim, christian, ball |

17.11.2009

Raphaël Nisand : Brasseur d’idées ?

NISAND.jpgLe Maire de Schiltigheim et vice-président de la CUS a de la suite dans ses idées. Engagement, implantation, il est à Schiltigheim jusqu’à en être aujourd’hui le maire. Il ne laisse pas indifférent. Adversaires et camarades peuvent en témoigner, l’avocat sait se défendre.

 

 

Il en a fallu du temps avant que les Schilickois fassent de vous leur maire. C’est fait depuis 2 ans, quel est le sens de cet engagement aujourd’hui. Schiltigheim grandit d’un côté, mais les brasseries souffrent. Et le Maire ?



Raphaël Nisand : J'ai été élu Maire, lors de ma deuxième candidature à la Mairie.

 

En effet, j'avais été candidat en 1995, mais c'était contre Alfred MULLER, au faîte de sa gloire (il avait fait près de 70 % face à Robert GROSSMANN sur SCHILTIGHEIM aux élections législatives de 1993). Mon engagement pour SCHILICK ne se calcule pas.

 

Depuis 1983, je suis au Conseil Municipal et j'exerce cette fonction d'élu avec passion. Les brasseries souffrent, dites-vous.

 

Pas tant que cela si l'on écoute HEINEKEN, ainsi que la brasserie artisanale STORIG, mais il est vrai que la concentration industrielle a malheureusement fait disparaître, ici comme ailleurs, les brasseries familiales. La brasserie fait partie de l'identité schilickoise, mais représente fort peu d'emplois depuis longtemps maintenant.

 

La reconversion de SCHILTIGHEIM en ville pourvoyeuse d'emplois tertiaires a été entamée dès les années 80, approfondie en 1990 avec la création de l'Espace Européen de l'Entreprise qui compte à présent plus de 5.000 salariés, et est devenu le fleuron des Zones d'Activités économiques tertiaires de l'Est de la France.

 

Vous me demandez si le Maire souffre. Je dois vous dire qu'au contraire de souffrir, je suis particulièrement heureux et honoré d'exercer l'exaltante mission de Maire dans une ville à taille humaine et aux enjeux considérables comme SCHILTIGHEIM.

 

Qui dit « majorité municipale » dit opposition municipale. N’étant pas au fait de la vie locale on a parfois du mal à s’y retrouver. Il y a des écologistes dans la majorité, des centristes dans l’opposition avec l’UMP et la Gauche Moderne. On parle aussi d’associations à l’instar du MRI de Christian Ball qui semblent actives. Comment gère-t-on cela ?

 

Raphaël Nisand : Vous me parlez des oppositions municipales. C'est vrai qu'il y a trois groupes d'opposition distincts les uns des autres, grosso modo deux UMP et divers, et l'un se revendiquant récemment du MODEM et Ecologistes indépendants.

 

Je n'ai pas à faire de commentaire spécial sur la division de l'opposition qui est effectivement visible. Elle est faite de personnalités très diverses et aux caractères qui semblent radicalement incompatibles.

 

Le MRI semble être un faux nez de l'UMP.

 

Quant aux écologistes, ils sont dans la majorité municipale de Centre gauche, que ce soient les Verts avec Andrée BUCHMANN, ou Schilick Écologie avec Danielle DAMBACH et Denis MAURER.

 

Les écologistes ont plus que leur mot à dire, ils ont impulsé une véritable dynamique de développement durable à SCHILTIGHEIM, ils constituent une part très importante de la Majorité municipale. À la différence de ce qui se passe dans d'autres collectivités, les écologistes schilickois font preuve d'une maturité et d'un sens de la responsabilité extrêmement développé.

 

Ils soutiennent leur point de vue, le font souvent triompher, mais sont également accessibles aux arguments des autres. Nous formons donc avec les indépendants et le Parti Socialiste une majorité sans aucun problème d'unité.

 

Il faut dire que nous nous réunissons souvent, à peu près une fois par semaine, et que nous travaillons chaque dossier en profondeur. À mon sens, pour clore sur ce point, l'opposition gagnerait à faire des propositions.

 

Ce n'est pas forcément celui qui me tapera le plus fort dessus qui convaincra les autres opposants, voire les concitoyens qu'il est le leader naturel de l'opposition.

 

Et le Parti socialiste dans tout cela ? Et le PS en Alsace ? Vous êtes un homme d’idées et avait sans doute des choses à dire sur l’évolution nécessaire de votre formation politique à l’approche d’échéances régionales, cantonales, législatives et nationales.

 

Raphaël Nisand : Quant au Parti Socialiste, vous me demandez où il en est. Je souhaite, comme de nombreux Français, qu'il évolue, se réforme, travaille les dossiers et son positionnement politique de façon à constituer une alternative crédible pour 2012. Nous en sommes malheureusement bien loin.

 

Il nous manque encore juste un leader, un programme et une stratégie politique(note)… Comme vous le voyez, nous avons bien du pain sur la planche, mais je continue à croire dans l'avenir du Parti Socialiste.

 

Il n'y a pas d'alternative possible en Alsace et en France à l'émergence d'une formation politique de Centre gauche rassemblée et crédible, face à une UMP qui a fait l'union de la Droite et du Centre droit.

 

Je suis, comme vous le savez, en faveur d'un Parti Socialiste portant haut les préoccupations écologiques et environnementales des concitoyens, en même temps que les questions de justice sociale.

 

C'est cela la force du PS.

 

Enfin, pour être pleinement crédible, il faudra qu'avec le retour de DSK, qui représente à l'heure actuelle notre seule chance de l'emporter en 2012, nous tendions effectivement la main au MODEM et aux Centristes en vue de constituer la véritable force d'alternance que nos concitoyens attendent.

 

Amitiés, Cher Cagliostro.

 


Note : Lorsque Raphael Nisand écrit cela, nous percevons un soupçon d'ironie. On en découvre plus sur son blog.
NB : MERCI de modérer les commentaires.

15:13 Publié dans 3 questions à | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : raphael, nisand, alsace, maire, ps, schiltigheim |

08.11.2009

3 questions à Victor Vogt, conseiller municipal de Gundershoffen

victor12.jpgVictor Vogt ? Là, certains ne voient pas. Ce n’est pas grave, ils liront. Elu conseiller municipal de Gundershoffen, il s’occupe de la page en alsacien du bulletin municipal. Jeune et militant, nous avons tenu à le rencontrer pour comprendre le sens d’un engagement.

Cagliostro : Dans notre série de rencontres, il y a des gens connus et d’autres moins. Tu es aujourd’hui l’un des plus jeunes élus du nord Alsace. Quel fut ton parcours politique ?

Victor Vogt : S’il faut parler de parcours politique, je crois que celui-ci est double. Il y a le sens originel du mot politique, la « cité », en l’occurrence il s’agit de l’investissement au sein de la communauté. J’ai également un parcours au sens contemporain du terme.

S’il faut faire remonter ce parcours à une Époque, il serait celui du lycée. À ce moment-là, je travaillais dans deux directions concernant les lycéens. D'un côté, c’était au sein même de mon lycée, de l’autre c’était sur les problématiques qui concernent tous les lycéens. J’attachais beaucoup d’importance au vivre ensemble, à la culture et au temps plus décontracté. Le fait d’être vice-président du conseil de vie lycée à l’époque me permit de porter plusieurs projets. J’ai d’abord porté le projet de création d’un foyer pour les lycéens, pour qu’il y ait un espace de détente et de lecture, qui puisse réunir à la fois élèves et enseignants. D'autre part, je m’investissais chaque année dans l’organisation de la journée organisée par l’établissement qui devait ouvrir quelque peu aux questions métaphysique (la maladie, la sexualité…). J’ai aussi organisé une conférence où j’ai invité Mireille Horsinga-Renno à venir parler de son livre « cher Oncle Georg », pour sensibiliser les élèves au devoir de mémoire. Son livre parlait du programme T4, c’était toute une série de tests horribles et d’injection de produits en tous genres principalement pratiqués sur des juifs. C’est durant la même période que je participais aux sorties organisées par le Souvenir Français de Bitche en partenariat avec mon lycée, la plus émouvante de ces sorties fut celle qui nous emmena au Mont-Valérien. J’ai poursuivi cet engagement dans le Souvenir Français de mon secteur, Reichshoffen-Niederbronn, où j’ai intégré le comité il y a 3 ans.

La qualité de vice-président de Conseil de vie Lycéen me permit de siéger au conseil régional des jeunes de Lorraine. Dans ce cadre-là j’ai soulevé les questions qui touchaient surtout le lycéen. La première de mes préoccupations fut le problème des langues. J’avais à l’époque fait plusieurs voyages dans les pays scandinaves et j’ai constaté le retard français en la matière. J’avançais surtout l’argument de l’enseignement précoce des langues ce qui est plus efficace que l’enseignement tardif que nous avons en France, de plus les cours de langue au lycée se suivent, mais malheureusement assez souvent se ressemble et on y ressasse les mêmes choses. L’autre questionnement que j’avais était celui de l’orientation qui est souvent un réel gâchis, car du fait que les lycéens vivent dans un cocon surprotégé ils n’acquièrent pas un grand degré d’autonomie. La conséquence est que soit par une erreur des parents, soit par une erreur des enseignants le jeune se retrouve là où il ne veut pas être. Les journées qui sont organisées pour l’orientation permettent de connaître les filières, mais ne permette pas et de loin de faire un choix dans l’orientation. Pour moi le degré de liberté accordé au jeune est important car il se forge et apprend à se connaître, il n’a pas besoin d’une couveuse.

Après le lycée mon engagement associatif s’est étoffé et diversifié. Je m’investis actuellement dans des associations comme Brassery, ou encore Café Europe Strasbourg que nous développons avec des amis depuis 2 ans et demi. Mon engagement politique à proprement parler a commencé en 2008. J’ai intégré la liste du maire sortant aux élections municipales, où j’ai été élu conseiller municipal de Gundershoffen, la ville où je réside depuis toujours. Je m’investis au sein de la commission d’urbanisme, de la commission des affaires sociales et culturelles, et de la commission du bulletin communal. Dans cette dernière je m’occupe de la page rédigée en alsacien. Je suis également membre de l’association culturelle au titre du conseil municipal. Cet engagement résulte de l’intérêt que j’ai eu depuis toujours pour mon territoire, et le fait d’avoir été au lycée en Moselle m’évite d’avoir une vision alsacocentrée des problématiques et de m’ouvrir à l’interdépartemental et interrégional, mais aussi aux questions transfrontalières.

Sinon je suis membre du Parti Radical et de l’UMP.

Cagliostro :  Il y a les jeunes des villes et ceux de la campagne. A l’approche d’élections, quelles sont selon toi les préoccupations de la jeunesse ? Les partis politiques, les états-majors strasbourgeois y répondent-ils ?

Victor Vogt : On peut parler de jeunes des villes et jeunes des campagnes, même si la révolution de l’informatique fait qu’il y ait une certaine uniformisation des mœurs qui se met en place. Ce qui ferait aujourd’hui une certaine différence c’est l’ouverture à la mobilité sociale, elle semble toute naturelle pour un jeune des villes, mais un peu plus difficile à la campagne. Mais sinon les préoccupations de la jeunesse sont les mêmes. La première des préoccupations est celle du diplôme. Il est révolu le temps où l’ascenseur social permettait d’accéder à une profession plus élevée que le diplôme ne l’indiquait. Aujourd’hui il y a le phénomène du déclassement des diplômes, ce qui crée une fuite en avant que j’appelle la « diplomite », ce qui rallonge de plus en plus la durée d’étude et de fait retarde l’entrée dans la vie active. De plus les inégalités dans le système scolaire et la reproduction sociale s’intensifient depuis les années 1980. Le diplôme bien entendu est attenant à un autre problème majeur celui de l’emploi. Il est le moyen d’accès au métier souhaité. Mais il y a deux gros problèmes le premier étant la nécessité d’une expérience pour être embauché et le chômage des jeunes. Du fait de la crise structurelle que nous connaissons, il y a une baisse sensible du nombre de stages susceptibles d’être attribués, les entreprises voulant réduire leurs coûts. D'autre part, le chômage des jeunes est fort, il atteint actuellement 25% en France, et en Alsace le chômage des jeunes a connu une augmentation de plus de 40% depuis le 1er janvier 2009 !

Sur ces problèmes en particulier les partis politiques ont plus ou moins les mêmes propositions, avec un point commun supplémentaire c’est qu’il s’agit de proposition à court terme. Les uns parlent d’ « emplois aidés » les autres parlent d’ « emplois tremplin ». Une des applications concrètes ce sont les CAP-passerelle, c’est un contrat avec une formation diplomante qui est pris en charge à 80% par l’Etat, certaines collectivités territoriales payent d’ailleurs le reste de la rémunération. C’est une solution pour les jeunes qui sont sortis tôt du système scolaire sans diplôme, c’est un moyen de se réinsérer. Cependant, le problème du chômage des jeunes est structurel. Il y a deux problèmes principaux attenants celui du système scolaire et celui du marché du travail. Le système scolaire et très rigide et orienté vers une « filiérisation » qui se base presque sur un métier, or avec les évolutions rapides de l’économie il est certain que l’être humain devra exercer plusieurs professions différentes. En ce sens, l’hyperspécialisation amènera automatiquement lors de séquences de reconversions à des factures de formations professionnelles énormes ! Le système a besoin d’air, c’est-à-dire qu’il doit tendre vers la polyvalence et l’interdisciplinarité. Par ailleurs, les entreprises réclament un certain temps d’expérience pour postuler, lorsque l’on est au sortir de ses études c’est souvent maigre. Les études en alternances ont été une solution à une partie du problème, cependant au sortir de la faculté pour certaines filières il faut quasiment deux ans jusqu’à l’obtention du premier emploi.

Maintenant, est-ce que les états-majors se saisissent de ces problèmes je donnerais ma réponse allemande préférée, « jein » ! Oui et non. Oui dans le sens où les états-majors sont constitués généralement de bon nombre d’élus, dont certains prennent vraiment à bras le corps le problème du chômage des jeunes. Je citerais l’exemple d’André Reichardt. J’étais à la réunion du césagora concernant l’emploi en Alsace, qui rattrape à une vitesse vertigineuse le chômage national. Il a clairement affiché son objectif de tourner son plan pour l’emploi en faveur de la jeunesse, au risque de s’occuper un peu moins d’autres couches touchées par le chômage. Je trouve cela très courageux de sa part. D'ailleurs, la politique est souvent une affaire de choix et non pas une occupation qui consiste tout le temps à contenter tout le monde, ça c’est du populisme ! D’autres élus également se mettent en marche, peu importe leur bord politique.

Je dirais aussi non. Les partis politiques ces dernières semaines se sont plus amusés à se chamailler sur des scandales politiques. Les dénoncer est une bonne chose cela rappelle les autres élus à la nécessité d’une vertu supérieure justement dans l’exercice d’un mandat politique. Cependant, c’est également un écran de fumée. On peut voir sur facebook le nombre de gens qui font distraction de ces sujets. De plus les états-majors s’appliquent également à respecter les ordres de la hiérarchie. Bien sûr, il y des démocraties internes légères ou presque de facettes, ce que je regrette c’est qu’au cœur des partis il y a encore cette division entre l’intervenant et l’auditoire, « er wurt àbkànzelt », ce dernier est sermonné. Je pense que l’auditoire a des propositions, alors que le dernier mot réside dans la tribune. Il est certain que tous ne peuvent intervenir, mais les partis constituent un vivier de personnes qui est une richesse quasi infinie. Il y a à l’UMP ou au PS plus de 200 000 militants, j’ose espérer que ce ne sont pas 200 000 imbéciles ! Il faut les associer, les laisser proposer, car c’est une réelle mine d’or.

Cagliostro : Comment sens-tu le terrain ? Quelles sont les revendications des Alsaciens que tu croises ? Quel va être ton engagement dans les mois à venir ?

Victor Vogt : L’Alsacien a sans cesse l’impression qu’on se moque de lui, que ce soit dans ce qu’il ait ou que ce soit dans le fait qu’il se sente utilisé. Actuellement il tend encore une fois à perdre foi en la politique avec les affaires politiques de ces derniers temps. Ces histoires sont propices à un fort mouvement du paysage politique qui est déjà en évolution. Le terrain est en crise, il y a une sorte de fatalisme alsacien un peu comme on dirait « s’isch immer e so gewann, un es wurt noch immer e so sinn ».

Sinon les revendications sont sensiblement les mêmes que celle de la jeunesse. La préoccupation principale c’est la sauvegarde de l’emploi, le souhait que le chômage partiel s’arrête, « Kurzàrweit » pour les frontaliers, la formation professionnelle pour les personnes au chômage. Ils sont d’ailleurs inquiets de l’évolution de l’emploi industriel qui est en recul en Alsace, dont certains secteurs sont déjà sinistrés. Les Alsaciens s’inquiètent également du recul de l’emploi frontalier. Finalement, c’est la crise qui impose les thématiques revendicatives, la question du pouvoir d’achat est passée depuis un certain temps, actuellement c’est plutôt la volonté de garder ce qui est acquis.

Moi de mon côté je vais continuer mon engagement sur mon territoire, parce que je suis assez touché de voir des proches, des amis dans des situations difficiles, on ne peut pas rester insensible. Alors, j’orienterais surtout mon engagement autour des questions de culture, de pauvreté et de désindustrialisation. Nous sommes un territoire qui a longtemps connu l’entrée dans les usines de Dietrich de père en fils, ce qui fait qu’un certain nombre de gens sont spécialisés pour travailler spécifiquement dans ces usines. Alors avec le recul de l’emploi industriel sur notre secteur il y aura sans doute des réorientations de carrière. Nous avons la chance qu’un nouveau. Mais à côté des bonnes nouvelles des industries sont en crise sur mon secteur, Cidou a fermé (75 licenciements), Acean va licencier environ 80 personnes. Les usines de Mertzwiller et de Niederbronn-les-bains sont assez anciennes et risque de connaître des restructurations. Mon objectif est de sensibiliser les élus, qui mènent une politique volontariste avec le développement de zone pouvant accueillir de nouvelles entreprises, à cette problématique globale de désindustrialisation sur notre secteur, celle-ci est certes à relativiser (une entreprise comme Tryba est en plein essor) même si les chiffres montrent une évolution constante à la baisse de l’emploi industriel sur le secteur. Sinon je vais poursuivre mon engament associatif notamment sur les problèmes d’accès à la culture, qui englobe les inégalités d’accès à la culture.

J’espère sinon de tout cœur que certaines de mes réflexions pourront alimenter les réflexions des futurs décideurs à la région Alsace à l’approche des élections régionales. Les régionales seront aussi l’occasion de mettre en avant le projet de conseil d’Alsace qui est innovant et qui ouvrirait de nouvelles perspectives sur un territoire qui connaît une réelle cohérence. Mais il ne faudra pas oublier de travailler avec tous ceux qui sont autour de nos frontières : Bâle, la Lorraine, Le Bade-Wurtemberg, le Palatinat. Il est nécessaire d’avoir une approche multiscalaire de notre territoire, de la microrégion à l’espace rhénan.

Au-delà de l’interview, je voudrais souhaiter bonne continuation à l’équipe Cagliostro qui fait vivre le débat démocratique, ou devrais-je dire faire revivre le débat politique qui était longtemps endormi ! Sinon un message plus vaste à ceux qui hésitent à franchir le pas à l’ouverture d’un blog, faites-le, le débat politique a besoin d’une vaste mine d’idée !

05.11.2009

3 questions à Monique Jung, Conseillère Régionale d'Alsace

jung-monique.jpgMonique Jung aime s'engager. Femme, centriste et élue, elle répond aujourd'hui aux questions de Cagliostro & Cie. On découvre ici une envie de "valeurs", un credo européen et alsacien. A lire. Merci à elle.

Cagliostro : Monique Jung, vous êtes conseillère régionales de la majorité dite « zellerienne », tel que l’on peut le lire sur le site du Conseil Régional. Alors, ces 6 années de mandats, un bilan, un regard sur la vie locale ?

Monique Jung :Je suis en effet centriste, membre de la majorité Zellerienne créeé en 2004, fruit d’une union entre l’UMP, le centre et les indépendants ; j’assure la VP de 2 commissions, l’économie d’une part et la recherche d’autres part. les échanges au sein de la majorité ont largement été ouverts, les discussions , le respect mutuel et l’écoute réelle ; un grand nombre de propositions centristes ont modifié les approches initiales. je crois néanmoins que nous gagnerions à créer plus de transversalités dans nos approches.

Les verticalités entre les directions, les clusters, et beaucoup d’organisations ne nous permettent pas d’optimiser nos dispositifs : pourquoi ne pas avoir une vision intersectorielle, inter services .. quand des projets se montent, de nouvelles promotions se dessinent (économie, tourisme, export ..) Nous gagnerions aussi à clarifier les missions des structures financées par les fonds publics. J’avoue ne pas supporter le mille feuille ailleurs que dans une assiette .

Cagliostro : Vous êtes aussi une femme en politique, attachée au centrisme. Justement où est aujourd’hui le « centre » dans la vie politique alsacienne ? A-t-il toujours un rôle à jouer ou est-il coincé entre le bipartisme et le retour des verts ?

Monique Jung : Si beaucoup de centristes sont aujourd’hui répartis entre différents partis, des groupes ou groupuscules d’appellation diverses, les centristes doivent néanmoins partager des valeurs et les défendre

- Europe : ce fantastique barrage contre les guerres nés à l’issue du denier conflit mondial est aussi aujourd’hui notre meilleurs rempart à la compétition internationale si elle sait se bâtir autour d’une justice partagée, de règles sociales et fiscales communes pour bâtir de vrais Etats Unis d’Europe capables de représenter une puissance sur les marchés mondiaux ; l’Europe a beaucoup d’étapes à franchir pour parvenir à ces objectifs, et les élargissement ne pourraient s’entrevoir avant de consolider une réelle identité et des fondements partagés entre les Etats Membres ;

L’Europe est aussi une aventure qui doit se vivre au quotidien dans notre capitale européenne ; soyons des territoires d’expérimentation accrue en matière de collaborations, mais devenons aussi une capitale de l’Europe citoyenne ; nous avions proposé de réaliser un grand quartier Européen des artistes, de la culture et de l’artisanat dans notre capitale Alsacienne lors d’une séance plénière de la Region ; l’Alsace mérite un grand projet structurant au niveau européen !

-   la tolérance et le respect de l’autre : parce que nous pensons qu’une société ne peut laisser sur le bord du chemin ceux qui n’ont pas suivi les mêmes parcours, nous considérons que nous sommes riches de nos différences ; nous encourageons avec ferveur l’ouverture sur l’autre, l’apprentissage des langues, et l’économie solidaire

-   un développement économique basé sur les valeurs humaines, respectueux de l’environnement et du denier public : le modèle capitalistique a montré ses limites ; l’argent ne peut et ne doit être le moteur unique de notre développement ; notre humanisme rhénan mêle l’initiative économique et les valeurs d’attachement aux racines du territoire, et au respect de l’homme qui est la vraie valeur à défendre au delà des seules notions de profits. Ce respect doit aussi se traduire par la conscience que nous devons transmettre à nos enfants une terre sur laquelle ils puissent vivre dans une nature préservée. Développons des systèmes de transports alternatifs à la voiture, et au fret routier grâce aux trains, ou aux voies navigables .. et des systèmes de chauffages qui ne soient pas basés sur les énergies fossiles.  Nous soutenons pleinement les efforts menés par la Region en ce sens ; Nous proposons également de lier soutien de la Region aux entreprises et blocage de distribution de dividendes quand elles obtiennent une aide publique : notre soutien doit consolider l’exploitation et la pérennité des sociétés .

- un développement économique basé sur la valorisation de la recherche et de l’innovation : nos entreprises peuvent largement bénéficier des compétences scientifiques très riches en Alsace. Il nous appartient de poursuivre et encourager une meilleure diffusion de ces connaissances, et accessibilité accrue aux entreprises. Les collaborations scientifiques sont aussi de fantastiques sources de nouvelles implantations, qu’un travail en réseau facilite. Le fonctionnement des pôles de compétitivités le prouve !  La mise en place d’une porte de l’innovation avec un laboratoire des idées, aujourd’hui inscrit au CPER est un exemple d’action que nous défendons.

La question n’est donc pas de savoir s’il y a une place pour le centrisme mais s’il y a des places pour ces valeurs que le centrisme défend. L’engagement politique n’est pas uniquement partisan, il doit aussi « gérer la cité » avec une idée d’idéal à défendre ; c’est en tous cas ma vision de l’engagement, que j’ai défendu avec mes collègues au sein du Conseil Regional

Cagliostro: on vous sait également professionnellement attachée à l’Alsace et à son développement notamment par le biais des « Ambassadeurs ». Quelles mesures doivent être prise pour faire de l’Alsace une région qui ose et qui gagne ?

Monique Jung : J’aimerais partager une anecdote ; j’ai participé en 2005 à une mission à Bilbao, conduite par Adrien Zeller. L’objectif était de vérifier comment le pays Basque s’était sorti de situations économiques très difficiles ; nous avons rencontré nos homologues, des institutions, clusters … j’ai retenu quelque chose qui m’a paru essentiel : le pays Basque connaissait un taux de chômage de 30 % que chaque structure tentait de combattre avec une série d’initiative individuelle. A ce niveau de chômage, ils ont décidé de se réunir et d’examiner ensemble ce qui pouvait être fait : un appel à Michael Porter, et la construction d’un musée Guggenheim .. courageuse décision qui a bien porté ses fruits !

Je crois que les efforts doivent donc être portés par tous les acteurs , partagés dans une même volonté ; le combat politique doit s’arrêter après des élections pour que tous tirent l’Alsace, et non leurs individualités…

La promotion de l’Alsace par le club des Ambassadeurs est une démarche partenariale, qui vise à constituer un réseau de personnes qui s’entraident, font des affaires ensemble.

Par ailleurs , je crois urgent de mettre en place des démarches transversales, qui permettent des partagent d’expériences, des complémentarités .. si l’innovation nait de rencontres improbables, ils faut que nous sachions dépasser les cadres.

Osons, et osons ensemble.

09:52 Publié dans 3 questions à | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : monique, jung, conseil, régional, alsace, centre, cagliostro |

02.11.2009

3 questions "à mots découverts" à Robert Grossmann

robert-grossmann.jpgRobert Grossmann publie un livre… Oui, mais ce n’est pas le premier. Pourtant, celui-là, on le commente. Il y a ceux qui font semblant de l’avoir déjà lu et les autres qui critiquent sans savoir. On dit aussi que certains attendent « l’heure H ». La personnalité de Robert Grossmann est telle qu’elle fait réagir. On aime ou on n’aime pas Robert Grossmann, au moins il ne laisse pas indifférent. Avec 3000 amis sur Facebook, il est aussi de loin l'homme politique alsacien le plus present sur Internet. Raison de plus, pour Cagliostro et son équipe d’essayer d’en savoir plus sur ce chêne que certains rêvent d’abattre et sur les branches duquel jailliraient de nouvelles pousses.

Cagliostro : Vous êtes un homme de culture et l’on sait que beaucoup d’auteurs vous inspirent. Pourtant, on a l’impression que la droite souffre d’un complexe dans ce domaine. Quand donc la droite cessera-t-elle de laisser le monopole de la culture à la gauche ?

Robert Grossmann : Ne faudrait-il pas commencer par définir la droite ? Selon moi ce ne serait pas inutile. Mais, trêve de casuistique…

Qui donc est « inspiré par des auteurs » à droite ? Nous pouvons citer au plan national une liste impressionnante d’intellectuels de droite, quelques élus de droite, au plus haut sommet de l’état qui éprouvent le besoin de lire pour nourrir leur réflexion.

Pourtant, je pense que, globalement, la culture inspire moins les élus de droite, alors qu’à gauche on fait semblant. J’observe aussi que le « jacklangisme » c’était avant tout de l’événementiel tintamaresque, l’art à toutes les sauces, plutôt que la réflexion notamment par lecture ; rendons tout de même à Jack Lang cette indispensable révolution du prix unique du livre.

Oui, hélas, mon impression globale est que la droite déserte plus le champ culturel que la gauche…Même si, comme je le crois la gauche est dans la supercherie culturelle. Trop rares sont ceux qui, à droite, s’impliquent, trop nombreux sont ceux à gauche qui font semblant.

Au fond, ma conviction est que la culture ne peut souffrir d’être prise en otage ni par la gauche…ni par la droite. Je le développe dans mon livre « à mots découverts ».

Cagliostro : Les élections municipales passées ont vu la défaite de la liste sur laquelle vous figuriez. Peut-être revenez-vous là-dessus dans votre livre. Quelles leçons en avez-vous tirées ? Quels enseignements pour l’avenir ?

RG : Oui j’en parle assez longuement. La défaite ne peut s’expliquer que par une convergence de facteurs divers et variés que je tente d’analyser. Les enseignements ? Que les opposants à Roland Ries se mettent au travail comme mes amis au sein de mon groupe le font de manière exemplaire. Qu’ils soient sur le terrain, investissent le monde socio-culturel, sportif, économique, qu’ils exercent des responsabilités dans le monde associatif !
Mais aussi que des talents nouveaux lèvent à Strasbourg et se révèlent. Il faut du neuf, mais du neuf qui convainque et…attention : ne pas jeter aux orties les talents confirmés, ne pas donner dans le racisme par l’âge.
La juventomanie n’est pas la recette. N’oubliez pas que les électeurs âgés vont voter plus fidèlement que les jeunes. Bref, il faut trouver une nouvelle formule pour 2014 avec de vrais jeunes ! (car il y a de faux jeunes…, ça ne vous a pas échappé ?) Mais, haro sur les « vieux » serait fatal. Vous avez noté que depuis quelques années un « parti des retraités a émergé qui se présente aux différentes élections.

Cagliostro : Votre livre « à mots découverts » fait donc déjà particulièrement parler. De Strasbourg, capitale européenne menacée à la vie politique locale, qu’y apprendra-t-on ? Est-ce un état des lieux ou un acte de foi ?

RG : On y trouvera un essai de compréhension de la défaite municipale de 2008, on se rendra compte du travail accompli en 7 années, on redécouvrira des épisodes intéressants de la vie publique. On rencontrera des « caractères ». On se penchera sur le communautarisme et sur la question des identités. On n’oubliera pas l’Europe.
Et, en effet, on s’acheminera vers un acte de foi pour demain.

Mais surtout j’y parle sans fuir les questions et sans dissimuler mes inquiétudes ni les choses qui font mal…

J’attache beaucoup d’importance à mes pages de conclusion où mon acte de foi consiste à esquisser des voies nouvelles.

 

Note : "à mots découverts" sera présenté lors d'un débat à la Librairie Kléber le 26 Novembre à 18h. 30

Entretien Exclusif Cagliostro et Compagnie (source à mentionner en cas de reprise)

18:55 Publié dans 3 questions à | Lien permanent | Commentaires (31) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : robert, grossmann, à, mots, découverts, ump, roland, ries, fabienne, keller |

01.11.2009

3 questions à … : le succès

images.jpgLe rendez-vous « 3 questions à » passionne le web. Après Vincent Froehlicher, Philippe Bies, Jacques Fernique, Jean Emmanuel Robert, des questions ont été posées à Sandrine Belier, Catherine Trautmann, d’autres le seront prochainement.

Mais vous pouvez aussi nous contacter par mail, pour que nous évoquions « votre » actualité.

PS : Nous invitons nos lecteurs à nous retrouver également sur facebook.

28.10.2009

Jean Emmanuel Robert, un élu UMP de terrain

JER RG.JPGJean Emmanuel Robert n’est pas un nouveau venu en politique. Pourtant, il incarne, au Conseil Municipal de Strasbourg, une nouvelle génération et une nouvelle façon de faire. Bien sûr, il a ses détracteurs et leur oppose sa conception de l’engagement populaire de proximité qui tient en 3 axes : le terrain, le terrain, le terrain. Rencontre avec un élu engagé à droite juste après son passage sur France Bleue Alsace.

Jean Emmanuel Robert,  vous faites partie du groupe UMP, Nouveau Centre et Indépendants. Ce n’est pas trop dur d’être dans l’opposition face au PS et aux Verts ?

Jean Emmanuel Robert : Permettez-moi tout d’abord de vous remercier de me donner la parole au travers de votre blog, dont je suis, comme pas mal d’autres, un lecteur attentif. Je fais effectivement partie du groupe UMP, Nouveau Centre et Indépendants. Il y a entre les élus qui le composent une cohésion qui n’est pas feinte, qui ne repose pas sur une communauté d’intérêts, mais sur des valeurs réellement partagées. Il y a surtout et c’est très important, une excellente ambiance. Un autre choix n’aurait d’ailleurs pas été possible. Cela correspond à mon engagement personnel, à mes aspirations profondes, aux valeurs dans lesquelles je crois, mais aussi parce qu’il est nécessaire en politique, d’agir dans la clarté. Je n’ai jamais adhéré à l’idée d’avancer masqué sous une bannière floue qui ne parle à personne. Il est important d’être clairement identifié et d’être parfaitement en adéquation avec ce que l’on est réellement. Cela n’empêche aucunement l’ouverture d’esprit, le dialogue et le compromis, bien au contraire.

Nous nous trouvons en face d’une municipalité résolument socialiste et verte, qui s’assume comme telle, jusque dans ses contradictions internes. L’alternance, si elle doit un jour se produire, se fera d’abord avec l’UMP et ses alliés naturels. En 2008, nous avons oublié ce qui aurait dû être une évidence : pour gagner, il faut d’abord rassembler son camp avant de l’élargir pour former une majorité. Nous avons collectivement échoué sur ce plan lors du dernier scrutin municipal. C’est la raison qui m’a conduit et d’autres avec, à militer fortement pour la dénomination actuelle de notre groupe, qui se situe aujourd’hui clairement dans l’opposition au sein du conseil municipal. Pour autant, à chaque fois que l’intérêt général l’exige, comme sur l’avenir de la poste par exemple, nous n’hésitons pas, dans les faits et pas seulement dans les interviews, à être constructifs et à formuler des propositions concrètes. Libre à la majorité de nous suivre ou pas.

Vous me demandez si c’est difficile d’être dans l’opposition. Eh bien ce n’est pas spécialement une promenade de santé ! Il faut être vigilant, plus attentif à ce qui se passe en ville et être réactif. Nous ne sommes plus épaulés par des services administratifs qui vous mâchent en grande partie le travail et donc plus ou moins obligés de tout faire nous-mêmes. Fort heureusement, notre groupe a un excellent collaborateur, Geoffroy LEBOLD, qui, au-delà de l’amitié qui nous lie, fait montre d’un dévouement exemplaire qui au quotidien nous permet d’avancer sereinement.

Il est nécessaire en permanence de chercher l’information que la majorité est rarement encline à délivrer spontanément, malgré les belles promesses entendues en début de mandat. Disons les choses franchement : dès le lendemain d’une défaite, on revient très vite sur terre. On ne vous regarde plus tout à fait de la même manière et il arrive que les mêmes qui vous saluaient chaleureusement hier vous ignorent superbement aujourd’hui. Parfois les portes se ferment aussi. Ça peut paraître ingrat, mais c’est ainsi. La fameuse « traversée du désert » n’est pas qu’une expression, une image : dans l’opposition elle recouvre une certaine réalité. Pour ma part, j’ai pris rapidement beaucoup de distance par rapport à tout cela et j’en ai accepté les règles et les codes. Par ailleurs, j’aime ce que je fais et je prends réellement du plaisir à travailler aux côtés de Robert GROSSMANN qui allie à la fois une enrichissante expérience de la vie et un sens politique qu’on retrouve nulle par ailleurs. J’apprends beaucoup à ses côtés et plus le temps passe plus je mesure cette chance. Alors malgré les difficultés c’est très formateur. Avec mes collègues, Anne SCHUMANN, Frédérique LOUTREL, Martine CALDEROLI-LOTZ et Huguette DREIKAUS, je crois que nous appréhendons la politique et la manière d’en faire sous un autre angle, plus humain, plus réaliste, pas techno pour un sou, et donc en phase avec les attentes de nos concitoyens. Cet état d’esprit est partagé au-delà de notre groupe par d’autres élus, comme Pascal MANGIN pour qui j’ai beaucoup d’estime.

Quoi que l’on fasse, l’exercice du pouvoir éloigne des réalités, car il est prenant et chronophage. Tôt ou tard la routine et la certitude presque maladive d’avoir toujours raison s’installent… À tort ! Dans l’opposition, malgré le travail, on reprend le temps de vivre normalement. Je pense que l’on sort grandi et rasséréné d’une cure d’opposition… à condition bien évidemment que celle-ci ne s’éternise pas !

Quel bilan tirez-vous de ce qui n’est plus le début de la mandature Ries ? Comment se manifeste aussi votre « résistance » ?

Jean Emmanuel Robert : Il est trop tôt pour parler de bilan municipal. Les quelques projets initiés aujourd’hui étaient déjà dans les cartons voire dans les tuyaux en 2008. Je pense notamment aux opérations de renouvellement urbain à Hautepierre et à la Cité Nucléaire qui du reste, sous couvert d’une nouvelle concertation assez artificielle, ont pris pas mal de retard. Même si nos successeurs ont été élus pour mettre en œuvre « une autre politique », je regrette qu’au-delà des déclarations d’intention, il n’y ait pas de continuité républicaine sur des dossiers aussi importants que le parc des expositions ou le tram vers Koenigshoffen et le centre de la Roberstau.

En fait, il y a bien l’un ou l’autre nouveau projet, mais ils relèvent soit d’un plantage manifeste, l’Eurostadium où le site olympique permanent de Monsieur OEHLER, soit d’une incohérence urbanistique évidente, le PEX, soit et c’est plus grave, du bétonnage à tout crin spécialement au Neudorf.
 
Nombreux sont nos concitoyens qui affirment « qu’il ne passe plus rien d’intéressant en Ville », que la place Kléber redevient infréquentable, que l’insécurité repart au galop dans les quartiers et que nos rues sont de plus en plus sales. C’est malheureusement une vérité que tout un chacun peut constater chaque jour et que je déplore. On observe également le retour d’un certain laisser-aller. Faut-il rappeler qu’un gamin de 14 ans a été jusqu’à incendier plus d’une vingtaine de voitures cet été « parce qu’il s’ennuyait », et ce, sans aucune réaction municipale de réprobation ? On marche sur la tête et c’est la raison pour laquelle j’ai dénoncé vigoureusement cette situation.

S’agissant de la promesse phare de « restaurer la démocratie locale à Strasbourg », il n’y a que les socialistes pour penser que ce soit un succès. Au sein des conseils de quartier nouvelle formule, la déception est immense, les démissions pleuvent parce que la concertation est généralement fantaisiste. Les réunions sont désertées. Sous la mandature précédente, même si tout était loin d’être parfait, les élus de l’opposition pouvaient au moins siéger dans trois conseils de quartier au choix. Désormais, ils en sont totalement exclus, pour quelles raisons ? Ils sont également fermés à l’immense majorité des Strasbourgeois et sont composés à partir de tirages au sort, méthode que je ne trouve pas spécialement efficiente et moderne. Je suis intervenu longuement au conseil municipal de septembre pour dénoncer toutes ces dérives. Ce n’est plus supportable et il est impératif qu’il y ait une véritable rupture dans cette manière d’exercer le pouvoir. À l’heure de l’Internet et du multimédia, le partage de l’information doit couler de source, être naturel et enfin devenir une réalité : c’est le gage d’une démocratie locale saine, apaisée et respectueuse de nos concitoyens. J’ai formulé à ce sujet des propositions concrètes au travers d’une tribune, il y a quelques jours. J’ai demandé combien avait pu coûter au contribuable la semaine européenne de la démocratie locale, qui n’est en réalité qu’un écran de fumée et une vaste opération de communication au profit du pouvoir, sans aucune réponse bien évidemment. Les DNA n’ont pas eu plus de chance : quand elles posent la question à Monsieur HERRMANN, de savoir combien la Ville a dépensé pour le fiasco de la réunion publique du conseil de quartier de Hautepierre organisée au Zénith, le Premier adjoint est bien en mal de répondre. Je comprends sa gêne : tant d’argent public gaspillé pour une salle vide aux trois quarts !


Contrairement au discours officiel, l’opposition n’est pas mieux traitée aujourd’hui : les belles promesses de campagne sont passées rapidement aux oubliettes. Certes, nous avons davantage de moyens matériels aujourd’hui ce que je reconnais bien volontiers, mais l’information des élus s’est quant à elle considérablement dégradée. Je pense qu’il faut bâtir un véritable statut de l’opposition et le respecter quelque soit la couleur politique de la majorité en place.  À mon sens, l’opposition doit pouvoir jouer un rôle, être associée réellement à la prise de décision sur des sujets d’intérêt général. Objectivement nous n’en prenons pas le chemin : regardez l’affaire de l’Euro 2016 qui devrait totalement faire consensus, le dossier remis par la municipalité à la FFF n’est même pas le même que celui qui nous a été transmis ! Pourquoi nous cacher certaines choses, cela n’a pas de sens ?  Si nous revenons aux responsabilités nous changerons profondément cette manière de faire.
 
En revanche, Roland RIES incarne bien la Ville et la fonction de Maire. C’est extrêmement important et, sur ce plan, je n’ai aucun reproche à lui faire. Il essaye de ménager un certain consensus même si ce n’est en réalité qu’une façade derrière laquelle certains de ses adjoints manient le sectarisme avec excès.

Mais ce qui pêche le plus lourdement, c’est l’absence de vision stratégique pour Strasbourg et le manque de volonté politique : clairement la municipalité actuelle ne prépare pas la ville de demain.   

Et l’avenir, comment le voyez-vous ?  Comment construire un avenir à la droite, d’abord à Strasbourg, puis en Alsace .  Par lequel des 12 travaux d’Hercule faut-il commencer ?

Jean Emmanuel Robert : D'abord, il y a une réalité sociologique dans les grandes villes sur laquelle je voudrais insister. Et Strasbourg, qu’on le veuille ou non, n’échappe pas à la règle. Un basculement à gauche s’opère depuis plusieurs années et ce n’est pas un hasard si nous avons perdu depuis 1998  toute une série d’élections, notamment cantonales.

Certes nous n’avons pas toujours eu les meilleurs candidats et il y aurait beaucoup à dire sur le choix de certains d’entre eux. Des erreurs ont été commises, c’est vrai aussi. Nous avons parfois désespéré ceux qui nous avaient fait confiance en ne menant pas la politique pour laquelle nous avions été élus et nous n’avons pas toujours su valoriser ce qui devait l’être. La Droite à un problème avec la Com, c’est de notoriété publique et il faut que cela change une fois pour toutes. Enfin, le comportement n’a pas toujours été exemplaire, et il nous a coûté très, très cher.

Mais structurellement, la précarisation des faubourgs et même du cœur de la ville, avec son lot de difficultés sociales, a permis à la Gauche de prospérer et de connaître un certain nombre de succès. C’est aujourd’hui une réalité dans la majorité des grandes villes. Cette réalité nous devons la prendre en compte et en faire l’axe central de notre réflexion dans les prochaines années. La population et par définition l’électorat ont changé. Les Strasbourgeois ont de nouvelles attentes et de nouvelles espérances. À nous de mettre à jour notre diagnostic, à nous de les identifier clairement, à nous d’y répondre, à nous de nous adapter. Certaines recouperont les valeurs que nous défendons depuis toujours, d’autres exigeront de nous que nous fassions preuve de créativité et d’innovation voire d’audace. Tous ceux qui font une analyse similaire, mais qui pensent qu’il suffirait de diluer notre message au point qu’il devienne insipide et insignifiant se trompent lourdement. Dans la vie comme en politique il faut des repères qui balisent le chemin qu’on emprunte.
Nous avons à droite un socle de valeurs républicaines qu’il ne convient pas de raboter, mais au contraire d’affirmer et d’enrichir d’idées nouvelles, de propositions concrètes. Cela ne peut se faire qu’au travers d’un large rassemblement au sein duquel toutes celles et tous ceux qui sont aujourd’hui engagés à droite, au Centre ou dans la société civile ont leur place. Pendant le mandat précédent de combien de personnes nous sommes-nous coupés pour des questions purement personnelles ?
 
Le moment venu nous devrons tourner vers une personnalité qui soit en capacité de fédérer autour d’elle toutes ces bonnes volontés, sans exclusive. Je ne vous donnerai pas de noms aujourd’hui - c’est prématuré et il ne m’appartient pas de le faire - mais un profile pourquoi pas. D'ailleurs, celles et ceux qui, ces derniers temps, s’autoproclament candidat(e) n’ont aucun respect pour les nombreux militants de notre mouvement et je le déplore.

Nécessairement, il devra s’agir d’une personnalité qui rassemble, qui sait écouter, dialoguer et se remettre en question. Elle devra avoir une bonne image et ne pas être clivante, sinon on n’y arrivera pas. Roland RIES disait de lui-même, avant son élection, qu’il n’avait laissé durant son intérim (1997-2000) « que des bons souvenirs ». C’est une évidence et cela a grandement contribué à sa victoire : tirons-en les conséquences et tirons avec lucidité les leçons de notre échec.

La Droite a plus de soucis à se faire qu’elle ne l’imagine en Alsace, car cela fait des années que, dans une certaine mesure, elle se repose sur ses lauriers, persuadée que la situation est acquise pour longtemps. Du coup, on se comporte en bons gestionnaires sans faire vraiment de politique alors que la Gauche, elle, ne s’en prive pas, et elle a raison. C’est pourtant le politique qui doit insuffler un cap, c’est de lui que doit venir l’imagination de la société de demain, c’est lui qui doit constituer une sorte de repère pour la société. 
Il suffit de voir la composition du cabinet de Roland RIES et de Jacques BIGOT ou des groupes politiques de la majorité pour comprendre l’importance du politique dans leur architecture municipale. À titre d’exemple, là où la gauche affiche 5 collaborateurs de groupe politique aujourd’hui, entre 2001 et 2008 nous n’en avions qu’un seul, mal payé au demeurant. C’est un non-sens !

La classe politique alsacienne, toutes tendances politiques confondues, a eu un comportement « d’enfant gâté » en refusant un certain nombre d’opportunités économiques, comme DHL ou RYANAIR et bien d’autres. Regardez l’état dans lequel se trouve notre aéroport à côté de celui de Baden, c’est désespérant. Nous connaissons aujourd’hui la plus grave crise économique depuis 1929. L’économie alsacienne souffre aujourd’hui bien plus que le reste du pays parce que c’est une terre plus industrielle qui plus est, fortement exposée aux soubresauts de la conjoncture allemande. Force est malheureusement de constater que tout n’a pas été fait pour nous renouveler et nous adapter aux évolutions induites par la mondialisation. Cette situation exige désormais un coup de booster de la part des collectivités territoriales. Il va falloir changer de braquet et redevenir volontaristes et conquérants.

De ce point de vue là, il n’y a rien à attendre de la Ville de Strasbourg et de la CUS, le pouvoir en place a réduit les investissements comme jamais en pleine période de crise. André REICHARDT, le président de la Région Alsace, a l’intention de présenter, après le plan de relance d’Adrien ZELLER, un budget offensif sur l’emploi. Il a mille fois raison. Philippe RICHERT, quant à lui, a annoncé qu’en cas de victoire il concentrerait les efforts de la Région sur l’économie, l’innovation et le développement durable. Compte tenu des enjeux, c’est clairement l’homme de la situation. Je lui fais pleinement confiance. Outre ses qualités de véritable humaniste, il est animé d’une forte passion pour notre terre alsacienne, ferment d’un enracinement local authentique que seuls le temps et l’action façonnent. Pour gagner les prochaines régionales, qui vont être difficiles, il faudra être résolument offensif et combatif, en n’omettant pas les valeurs de droite qui ont fait le succès de Nicolas SARKOZY en 2007.     

Propos receuillis par Cagliostro & Cie     

08:00 Publié dans 3 questions à | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jean, emmanuel, robert, ump, strasbourg, interview |

23.10.2009

3 questions à Jacques Fernique, Conseiller Régional d'Alsace, Conseiller Municipal de Geispolsheim "Les Verts"

jfernique.jpgConseiller Régional d'Alsace,  Conseiller Municipal de Geispolsheim, Jacques Fernique n’est pas un inconnu pour celles et ceux qui suivent la « planète verte ». Il se livre au jeu des 3 questions et offre un regard précis et argumenté, avec en perspective, les élections  régionales.

Lorsque l’on n’est pas « au cœur » de la nébuleuse verte, on a du mal à analyser le déroulement des futures élections régionales. Les têtes de liste sont-elles désignées ? Comment cela se passe-t-il chez vous ?

Jacques Fernique : Rien d'étonnant à ce que vous en perdiez un peu votre latin, tout érudit palermitain  que vous êtes. Les choses vont vite : le rassemblement des écologistes d’Alsace est engagé depuis plusieurs mois et j’avoue que ceux qui l’ont imaginé il y a maintenant près d’un an sont eux-mêmes bousculés par sa dynamique. Le plus déroutant pour les observateurs extérieurs, c’est que les écologistes ont changé. Alors que nous étions des spécialistes avérés des conflits internes, des chocs fratricides et des leaders jetables, le climat est radicalement nouveau depuis que les échecs politiques de 2007, les attentes déçues du Grenelle et le sentiment de l’urgence planétaire ont conduit les écologistes à comprendre qu’il fallait changer : les choix stratégiques comme les désignations de nos responsables et de nos candidats se font dorénavant dans un esprit de consensus et de responsabilité collective. Europe écologie Alsace rassemble l'ensemble des forces et des acteurs de l'écologie qui souhaitent construire une alternative crédible pour l'Alsace pour répondre à l'urgence environnementale et sociale,. Partie intégrante du rassemblement, les Verts ont d'ores et déjà désigné en leur sein les candidats Verts qu'ils proposeront à Europe Ecologie Alsace auxquels se mêleront des candidats « non-verts » dont certains MEI si l’accord en cours de discussion se conclut positivement.. Les Verts proposeront une tête de liste régionale :  un vote interne par correspondance est en cours pour choisir entre Andrée Buchmann, Christophe Hartmann et moi même.

A partir de cette proposition et de celles des autres composantes du rassemblement, la liste définitive sera révélée mi novembre après son élaboration consensuelle par le Comité Europe Ecologie Alsace. Nous avons voulu construire un processus concerté et démocratique, respectueux des identités fédérées au sein d'Europe écologie Alsace.

Et cela se passe très bien et fait école, puisque d’autres régions Europe Ecologie s’inspirent des modalités imaginées en Alsace dès le mois de mai. J’ai en effet personnellement tenu, comme secrétaire régional des Verts, à faire en sorte que les modalités du processus soient décidées et fixées avant de commencer à s’y engager.

Pour le moment, on parle peu d’idées, encore moins de programme et beaucoup d’alliances. Alors, vers quoi va-t-on et avec ? Les Verts veulent-ils partir seuls au 1er tour ou allié et si oui avec qui ? On perçoit parfois une différence de vues entre les « Verts » et « Europe Ecologie ». Aidez-nous à y voir plus verts.

Jacques Fernique : Là, cher Cagliostro, vous êtes un peu réducteur ! Il est vrai que les alliances ne furent pas toujours à votre avantage et que le souvenir du Cardinal de Rohan a pu vous laisser quelque habitude de prudence. Cependant, pour notre part, c'est bien au programme que nous attachons le plus d'importance actuellement car c'est lui qui conditionne les éventuelles alliances, mais surtout la viabilité, la vitalité et la crédibilité du rassemblement des écologistes.

Depuis le mois de juillet, les nombreuses réunions des signataires d’Europe Ecologie Alsace, leur rencontre régionale du 13 septembre et leur Forum du 17 octobre ont été complètement consacrés au travail sur les enjeux et sur les propositions programmatiques.

Oui sur une base claire de projet de transformation écologique, les écologistes rassemblés présenteront leur liste au premier tour afin d'offrir aux électeurs la possibilité de choisir. Nous n'envisageons pas de sacrifier ce projet de proposition de fond dès le premier tour à une quelconque combinaison à l’écart des électeurs. C’est vraisemblablement la dernière fois en 2010 aux élections territoriales que les électeurs pourront choisir entre plusieurs projets au premier tour, puis opter pour une proposition d’alliance majoritaire claire ; alors nous n’allons pas gâcher cette ultime possibilité d’alternance écologique et solidaire pour l’Alsace. Les Verts pèsent environ 13% aux cantonales en Alsace, 17% aux européennes, on verra combien aux régionales. Or, en 2014, si l’UMP persiste avec son scrutin uninominal à un tour à l’anglaise, les écologistes et la gauche n’auraient que quelques rares élus passant en tête au premier tour (si on se réfère aux dernières séries de cantonales) et quelques miettes de proportionnelle s’appliquant à une douzaine de sièges (2 élus pour les écologistes avec 15-17%) : autant dire même pas le bipartisme, mais l’unipartisme en Alsace !

Europe Ecologie et les Verts sont en phase : c’est particulièrement le cas dans notre Région où les Verts ont su jouer pleinement le leadership de Sandrine Bélier (non-verte) aux européennes, et où ils ont impulsé dès le mois de juin l’appel Europe Ecologie Alsace. A notre Forum du 17 octobre, les « non-verts » étaient légèrement les plus nombreux et c’est très bien comme ça. Les Verts Alsace ont compris les limites de leur fonctionnement cloisonné, ils ont choisi de s’ouvrir, de rassembler sans mégoter. Tous les écologistes d’Alsace qui souhaitent une nouvelle majorité régionale où l’écologie aura toute sa place ont leur place dans ce rassemblement pour le premier tour. Nombre d’associatifs, d’élus locaux, d’animateurs de l’écologie hors-partis l’ont compris. Les organisations politiques aussi : les Verts bien sûr, le MEI probablement (il en a l’envie), CAP 21 peut-être.

Non, il n'y a pas les verts d'un côtés et EE de l'autre, il y un rassemblement des écologistes qui est un lieu de débat et d'élaboration riche. Ceux de vos amis qui ont participé à notre forum du 17 octobre vous l'ont sans doute rapporté en détail !

Au second tour, l'objectif est sans ambiguïté : gagner la région pour l'écologie par l’alternance à la droite La question de l'alliance des écologistes avec d’autres se posera alors et se construira, nous l'espérons, une majorité nouvelle pour l'Alsace.

Espérant donc que vous y verrez…de plus en plus vert.

Parlons programme. Quelles seraient les principales mesures à prendre  si vous parveniez à prendre la région, seuls ou accompagnés ?

Jacques Fernique : Sans transformer votre blog en tract écolo, j’ai envie de mettre en avant trois éléments de programme essentiels selon moi.

Tout d’abord, face à la crise et à la situation de l’économie alsacienne, la conversion écologique de l’économie peut être plus qu’un slogan. L’économie verte, les transports doux, l’économie de proximité, c’est un gisement d’emploi extraordinaire qui vient répondre à des besoins réels et qui prépare l’avenir. Les politiques de conversion écologique de l’économie sont une réponse moderne et ambitieuse à la crise économique et sociale, en même temps qu’elles nous permettent d’adapter nos modes de vie et de production aux contraintes nouvelles que sont la raréfaction des ressources et les conséquences prévisible du changement climatique. L’action de la région en ce sens passera par le schéma régional de développement, par une politique d’adaptation et de démocratisation des formations professionnelles, par des mesures d’accompagnement et de soutien aux entreprises porteuses de projets innovants, par le soutien résolu à l’économie sociale et solidaire qui pèse particulièrement dans notre région. La commande publique sera exploitée pour soutenir les filières vertes, et avec l’Etat et les autres collectivités, nous voulons proposer aux secteurs les plus fragilisés, tel l’automobile, un contrat de conversion visant à réorienter la production et préserver les emplois. L’agriculture qui doit être encouragée c’est celle qui développe des productions et des pratiques d’intérêt régional au regard de la qualité alimentaire, de l’impact environnemental (nappe, coulées de boue, biodiversité…), de l’emploi et des zones difficiles (montagne). Si la réforme de la PAC, régionalise l’attribution des aides du premier pilier sur ces critères, ce serait un formidable levier pour le renouveau de l’agriculture alsacienne. On nous caricature souvent comme des partisans de la bougie. Ceux qui s’amusent ainsi devraient comprendre que pour éviter de se retrouver dépourvus dans 20 ans, c’est aujourd’hui qu’il faut engager la mutation. Nous revendiquons l’actualité et la modernité de ce projet.

Ensuite, j’aimerais insister sur la nécessité pour l’Alsace de redevenir une terre d’avenir et d’innovation. L’Alsace a hélas perdu avec les années ce côté précurseur qu’elle avait su cultiver. Nous proposons de faire de l’Alsace la première des Ecorégions -  et avons eu le plaisir de voir que le concept a depuis que nous l’avions proposé il y a quelques mois connu un certain succès … Ils n’ont guère de crédibilité sur cet enjeu ceux qui se sont avérés incapables depuis 4 ans qu’elle est votée d’obtenir la mise en place de la taxe poids-lourds qui nous mettrait en phase avec nos voisins suisses et allemands. Nous voulons que l’Alsace soit une terre d’excellence écologique et sociale, une terre où s’expérimente des  solutions d’avenir. Les politiques de transport, d’aménagement, doivent rompre avec les vieilles recettes du passé L’écorégion, ce ne peut être la nucléorégion ou la GCOrégion. Nous proposons de construire des politiques publiques articulant urgence climatique et justice sociale. Ainsi la Région doit, sur une de ces compétences principales, porter un effort considérable : l’objectif de quadruplement de la fréquentation des TER d’ici 2030 (objectif national) doit être atteint en Alsace, et même dépasser dans cette Région où le train a toujours mieux réussi qu’ailleurs.

Enfin, la place particulière de, l’Alsace au cœur du Rhin supérieur et au carrefour de l’Europe doit être pleinement assumée. Cultivant notre identité, encourageant un véritable bilinguisme,  nous souhaitons également œuvrer avec nos partenaires suisses et allemands à la mise en place d’un « green deal rhénan »  articulant dispositifs de concertation et de codécision démocratique, politiques de conversion et d’aménagement d’avenir – et tout d’abord sur la question des liaisons aéroportuaires et ferrées- et participant à construire une politique éducative et culturelle émancipatrice, accessible et fortement marquée par son ouverture européenne.

 Propos receuillis par Cagliostro & Cie

12.10.2009

Vie politique en Alsace

micro-strasbourg.jpgCommuniqué, Interviews, Entretiens

Vous êtes élu(e) ? Vous êtes « politique » ? Notre blog, comme il l’a toujours fait et en gardant sa liberté de ton et de critique, vous ouvre ses colonnes.

Interviews, entretiens, peuvent ainsi être proposés. Pour cela, contactez nos équipes par mail ou sur Facebook. Nous vous posons alors 3 questions et vous y répondez librement.

3 questions à

Après Vincent Froehlicher, Philippe Bies, nous vous informons que 3 entretiens sont en cours de réalisation

- Catherine Trautmann, Sandrine Bélier, Jean Emmanuel Robert

 

07:36 Publié dans 3 questions à | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |

11.10.2009

3 questions à Philippe Bies sur la Garantie des Risques Locatifs

Sans titre 1.jpgCagliostro invite des élus à répondre à des questions précises. Philippe Bies, se prête au jeu en répondant à des questions techniques posées par des personnes directement intéressées. Pour nous le jeu en vaut la chandelle. Les blogs permettent de faire de la politique autrement le président de Cus Habitat pourra être invité sur un dossier plus politique, dans quelques semaines.

 

Pouvez-vous garantir que la Garantie des Risques Locatifs sera accessible à tous les publics et qu'elle sera dotée des fonds indispensables, comme prévu dans le cadre de la loi DALO (Loi DALO + Dotation) ?

 

Philippe Bies : La GRL® est accessible à tous les publics dans la limite d’un taux d’effort (part du loyer dans les revenus) du locataire inférieur ou égal à 50 % et d’un loyer maximum de 2000 €.

 

Lorsque le taux d’effort est inférieur à 28 %, la GRL® est financée uniquement par les primes d’assurance du bailleur.  Lorsque le taux d’effort se situe entre 28 % et 50 %, la GRL® est financée par les primes d’assurance du bailleur et une compensation du 1% Logement et de l’Etat.

 

Concernant les fonds (crédits du 1% et de l’Etat), un décret d’application de la Loi Boutin est en instance de publication. L’Etat s’est engagé mais le budget fera l’objet d’arbitrage chaque année…A suivre de près donc.

 

Concernant la loi DALO, ses effets sont très décevants compte tenu du désengagement progressif mais réel de l’Etat dans le domaine du logement aidé.

 

Pouvez-vous nous dire si la GRL sera appliquée dans tous les parcs de logement, avec une baisse du coût d’assurance pour tous les propriétaires

Philippe Bies :  La GRL® concerne uniquement le parc privé.

Depuis début octobre, le coût de l’assurance n’est hélas plus encadré, il est fixé librement par les assureurs. Le taux pratiqué se situe actuellement entre 2 et 2,5 %.

Néanmoins, la GRL® aboutira mécaniquement à une baisse du coût de l’assurance pour les propriétaires volontaires puisque la collectivité en prendra une partie à sa charge

 

Est-ce que la GRL sera accessible, dans des conditions spécifiques, aux organismes pratiquant des activités de médiation locative en location ou sous location ?

 

Philippe Bies : Les logements en sous-location ne sont pas éligibles au dispositif.

Les collectivités peuvent mettre en place d’autres dispositifs où elles assument une grande partie du risque locatif  (ex : la Mairie de Paris a expérimenté Solibail et la Région du Pays de la Loire a créé un fond de cautionnement pour les étudiants)

Compte tenu du retard pris dans le domaine de l’habitat à Strasbourg ses 10 dernières années, cette mesure n’est pas encore envisagée mais je souhaite qu’elle soit étudiée dans les mois à venir afin de compléter efficacement le dispositif en place.

 

Pour conclure, je dirai que le chantier est immense et les outils nombreux mais souvent complexes. C’est pour cette raison que j’apprécie de pouvoir m’appuyer sur un réseau d’hommes et de femmes de terrain qui m’aident à orienter et affiner progressivement le politique municipale et communautaire dans le domaine de l’Habitat et du logement social.

 

La GRL® n’est qu’un outil parmi les autres et il faut la replacer dans un cadre plus général avec la Taxe d’Habitation sur les logements vacants et le Programme d’Intérêt Général « Habitat Durable » qui forment les piliers de notre politique dans le domaine de l’habitat privé.

 

Propos receuillis auprès de Philippe Bies – 10/10/09. Philippe Bies est Conseiller Général, Adjoint au Maire de Strasbourg et Vice-Président de la Communauté Urbaine de Strasbourg.

08:00 Publié dans 3 questions à | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : philippe, bies, ps, mairie, strasbourg, cus, habitant, grl, dalo |

Toutes les notes