08.11.2009
3 questions à Victor Vogt, conseiller municipal de Gundershoffen
Victor Vogt ? Là, certains ne voient pas. Ce n’est pas grave, ils liront. Elu conseiller municipal de Gundershoffen, il s’occupe de la page en alsacien du bulletin municipal. Jeune et militant, nous avons tenu à le rencontrer pour comprendre le sens d’un engagement.
Cagliostro : Dans notre série de rencontres, il y a des gens connus et d’autres moins. Tu es aujourd’hui l’un des plus jeunes élus du nord Alsace. Quel fut ton parcours politique ?
Victor Vogt : S’il faut parler de parcours politique, je crois que celui-ci est double. Il y a le sens originel du mot politique, la « cité », en l’occurrence il s’agit de l’investissement au sein de la communauté. J’ai également un parcours au sens contemporain du terme.
S’il faut faire remonter ce parcours à une Époque, il serait celui du lycée. À ce moment-là, je travaillais dans deux directions concernant les lycéens. D'un côté, c’était au sein même de mon lycée, de l’autre c’était sur les problématiques qui concernent tous les lycéens. J’attachais beaucoup d’importance au vivre ensemble, à la culture et au temps plus décontracté. Le fait d’être vice-président du conseil de vie lycée à l’époque me permit de porter plusieurs projets. J’ai d’abord porté le projet de création d’un foyer pour les lycéens, pour qu’il y ait un espace de détente et de lecture, qui puisse réunir à la fois élèves et enseignants. D'autre part, je m’investissais chaque année dans l’organisation de la journée organisée par l’établissement qui devait ouvrir quelque peu aux questions métaphysique (la maladie, la sexualité…). J’ai aussi organisé une conférence où j’ai invité Mireille Horsinga-Renno à venir parler de son livre « cher Oncle Georg », pour sensibiliser les élèves au devoir de mémoire. Son livre parlait du programme T4, c’était toute une série de tests horribles et d’injection de produits en tous genres principalement pratiqués sur des juifs. C’est durant la même période que je participais aux sorties organisées par le Souvenir Français de Bitche en partenariat avec mon lycée, la plus émouvante de ces sorties fut celle qui nous emmena au Mont-Valérien. J’ai poursuivi cet engagement dans le Souvenir Français de mon secteur, Reichshoffen-Niederbronn, où j’ai intégré le comité il y a 3 ans.
La qualité de vice-président de Conseil de vie Lycéen me permit de siéger au conseil régional des jeunes de Lorraine. Dans ce cadre-là j’ai soulevé les questions qui touchaient surtout le lycéen. La première de mes préoccupations fut le problème des langues. J’avais à l’époque fait plusieurs voyages dans les pays scandinaves et j’ai constaté le retard français en la matière. J’avançais surtout l’argument de l’enseignement précoce des langues ce qui est plus efficace que l’enseignement tardif que nous avons en France, de plus les cours de langue au lycée se suivent, mais malheureusement assez souvent se ressemble et on y ressasse les mêmes choses. L’autre questionnement que j’avais était celui de l’orientation qui est souvent un réel gâchis, car du fait que les lycéens vivent dans un cocon surprotégé ils n’acquièrent pas un grand degré d’autonomie. La conséquence est que soit par une erreur des parents, soit par une erreur des enseignants le jeune se retrouve là où il ne veut pas être. Les journées qui sont organisées pour l’orientation permettent de connaître les filières, mais ne permette pas et de loin de faire un choix dans l’orientation. Pour moi le degré de liberté accordé au jeune est important car il se forge et apprend à se connaître, il n’a pas besoin d’une couveuse.
Après le lycée mon engagement associatif s’est étoffé et diversifié. Je m’investis actuellement dans des associations comme Brassery, ou encore Café Europe Strasbourg que nous développons avec des amis depuis 2 ans et demi. Mon engagement politique à proprement parler a commencé en 2008. J’ai intégré la liste du maire sortant aux élections municipales, où j’ai été élu conseiller municipal de Gundershoffen, la ville où je réside depuis toujours. Je m’investis au sein de la commission d’urbanisme, de la commission des affaires sociales et culturelles, et de la commission du bulletin communal. Dans cette dernière je m’occupe de la page rédigée en alsacien. Je suis également membre de l’association culturelle au titre du conseil municipal. Cet engagement résulte de l’intérêt que j’ai eu depuis toujours pour mon territoire, et le fait d’avoir été au lycée en Moselle m’évite d’avoir une vision alsacocentrée des problématiques et de m’ouvrir à l’interdépartemental et interrégional, mais aussi aux questions transfrontalières.
Sinon je suis membre du Parti Radical et de l’UMP.
Cagliostro : Il y a les jeunes des villes et ceux de la campagne. A l’approche d’élections, quelles sont selon toi les préoccupations de la jeunesse ? Les partis politiques, les états-majors strasbourgeois y répondent-ils ?
Victor Vogt : On peut parler de jeunes des villes et jeunes des campagnes, même si la révolution de l’informatique fait qu’il y ait une certaine uniformisation des mœurs qui se met en place. Ce qui ferait aujourd’hui une certaine différence c’est l’ouverture à la mobilité sociale, elle semble toute naturelle pour un jeune des villes, mais un peu plus difficile à la campagne. Mais sinon les préoccupations de la jeunesse sont les mêmes. La première des préoccupations est celle du diplôme. Il est révolu le temps où l’ascenseur social permettait d’accéder à une profession plus élevée que le diplôme ne l’indiquait. Aujourd’hui il y a le phénomène du déclassement des diplômes, ce qui crée une fuite en avant que j’appelle la « diplomite », ce qui rallonge de plus en plus la durée d’étude et de fait retarde l’entrée dans la vie active. De plus les inégalités dans le système scolaire et la reproduction sociale s’intensifient depuis les années 1980. Le diplôme bien entendu est attenant à un autre problème majeur celui de l’emploi. Il est le moyen d’accès au métier souhaité. Mais il y a deux gros problèmes le premier étant la nécessité d’une expérience pour être embauché et le chômage des jeunes. Du fait de la crise structurelle que nous connaissons, il y a une baisse sensible du nombre de stages susceptibles d’être attribués, les entreprises voulant réduire leurs coûts. D'autre part, le chômage des jeunes est fort, il atteint actuellement 25% en France, et en Alsace le chômage des jeunes a connu une augmentation de plus de 40% depuis le 1er janvier 2009 !
Sur ces problèmes en particulier les partis politiques ont plus ou moins les mêmes propositions, avec un point commun supplémentaire c’est qu’il s’agit de proposition à court terme. Les uns parlent d’ « emplois aidés » les autres parlent d’ « emplois tremplin ». Une des applications concrètes ce sont les CAP-passerelle, c’est un contrat avec une formation diplomante qui est pris en charge à 80% par l’Etat, certaines collectivités territoriales payent d’ailleurs le reste de la rémunération. C’est une solution pour les jeunes qui sont sortis tôt du système scolaire sans diplôme, c’est un moyen de se réinsérer. Cependant, le problème du chômage des jeunes est structurel. Il y a deux problèmes principaux attenants celui du système scolaire et celui du marché du travail. Le système scolaire et très rigide et orienté vers une « filiérisation » qui se base presque sur un métier, or avec les évolutions rapides de l’économie il est certain que l’être humain devra exercer plusieurs professions différentes. En ce sens, l’hyperspécialisation amènera automatiquement lors de séquences de reconversions à des factures de formations professionnelles énormes ! Le système a besoin d’air, c’est-à-dire qu’il doit tendre vers la polyvalence et l’interdisciplinarité. Par ailleurs, les entreprises réclament un certain temps d’expérience pour postuler, lorsque l’on est au sortir de ses études c’est souvent maigre. Les études en alternances ont été une solution à une partie du problème, cependant au sortir de la faculté pour certaines filières il faut quasiment deux ans jusqu’à l’obtention du premier emploi.
Maintenant, est-ce que les états-majors se saisissent de ces problèmes je donnerais ma réponse allemande préférée, « jein » ! Oui et non. Oui dans le sens où les états-majors sont constitués généralement de bon nombre d’élus, dont certains prennent vraiment à bras le corps le problème du chômage des jeunes. Je citerais l’exemple d’André Reichardt. J’étais à la réunion du césagora concernant l’emploi en Alsace, qui rattrape à une vitesse vertigineuse le chômage national. Il a clairement affiché son objectif de tourner son plan pour l’emploi en faveur de la jeunesse, au risque de s’occuper un peu moins d’autres couches touchées par le chômage. Je trouve cela très courageux de sa part. D'ailleurs, la politique est souvent une affaire de choix et non pas une occupation qui consiste tout le temps à contenter tout le monde, ça c’est du populisme ! D’autres élus également se mettent en marche, peu importe leur bord politique.
Je dirais aussi non. Les partis politiques ces dernières semaines se sont plus amusés à se chamailler sur des scandales politiques. Les dénoncer est une bonne chose cela rappelle les autres élus à la nécessité d’une vertu supérieure justement dans l’exercice d’un mandat politique. Cependant, c’est également un écran de fumée. On peut voir sur facebook le nombre de gens qui font distraction de ces sujets. De plus les états-majors s’appliquent également à respecter les ordres de la hiérarchie. Bien sûr, il y des démocraties internes légères ou presque de facettes, ce que je regrette c’est qu’au cœur des partis il y a encore cette division entre l’intervenant et l’auditoire, « er wurt àbkànzelt », ce dernier est sermonné. Je pense que l’auditoire a des propositions, alors que le dernier mot réside dans la tribune. Il est certain que tous ne peuvent intervenir, mais les partis constituent un vivier de personnes qui est une richesse quasi infinie. Il y a à l’UMP ou au PS plus de 200 000 militants, j’ose espérer que ce ne sont pas 200 000 imbéciles ! Il faut les associer, les laisser proposer, car c’est une réelle mine d’or.
Cagliostro : Comment sens-tu le terrain ? Quelles sont les revendications des Alsaciens que tu croises ? Quel va être ton engagement dans les mois à venir ?
Victor Vogt : L’Alsacien a sans cesse l’impression qu’on se moque de lui, que ce soit dans ce qu’il ait ou que ce soit dans le fait qu’il se sente utilisé. Actuellement il tend encore une fois à perdre foi en la politique avec les affaires politiques de ces derniers temps. Ces histoires sont propices à un fort mouvement du paysage politique qui est déjà en évolution. Le terrain est en crise, il y a une sorte de fatalisme alsacien un peu comme on dirait « s’isch immer e so gewann, un es wurt noch immer e so sinn ».
Sinon les revendications sont sensiblement les mêmes que celle de la jeunesse. La préoccupation principale c’est la sauvegarde de l’emploi, le souhait que le chômage partiel s’arrête, « Kurzàrweit » pour les frontaliers, la formation professionnelle pour les personnes au chômage. Ils sont d’ailleurs inquiets de l’évolution de l’emploi industriel qui est en recul en Alsace, dont certains secteurs sont déjà sinistrés. Les Alsaciens s’inquiètent également du recul de l’emploi frontalier. Finalement, c’est la crise qui impose les thématiques revendicatives, la question du pouvoir d’achat est passée depuis un certain temps, actuellement c’est plutôt la volonté de garder ce qui est acquis.
Moi de mon côté je vais continuer mon engagement sur mon territoire, parce que je suis assez touché de voir des proches, des amis dans des situations difficiles, on ne peut pas rester insensible. Alors, j’orienterais surtout mon engagement autour des questions de culture, de pauvreté et de désindustrialisation. Nous sommes un territoire qui a longtemps connu l’entrée dans les usines de Dietrich de père en fils, ce qui fait qu’un certain nombre de gens sont spécialisés pour travailler spécifiquement dans ces usines. Alors avec le recul de l’emploi industriel sur notre secteur il y aura sans doute des réorientations de carrière. Nous avons la chance qu’un nouveau. Mais à côté des bonnes nouvelles des industries sont en crise sur mon secteur, Cidou a fermé (75 licenciements), Acean va licencier environ 80 personnes. Les usines de Mertzwiller et de Niederbronn-les-bains sont assez anciennes et risque de connaître des restructurations. Mon objectif est de sensibiliser les élus, qui mènent une politique volontariste avec le développement de zone pouvant accueillir de nouvelles entreprises, à cette problématique globale de désindustrialisation sur notre secteur, celle-ci est certes à relativiser (une entreprise comme Tryba est en plein essor) même si les chiffres montrent une évolution constante à la baisse de l’emploi industriel sur le secteur. Sinon je vais poursuivre mon engament associatif notamment sur les problèmes d’accès à la culture, qui englobe les inégalités d’accès à la culture.
J’espère sinon de tout cœur que certaines de mes réflexions pourront alimenter les réflexions des futurs décideurs à la région Alsace à l’approche des élections régionales. Les régionales seront aussi l’occasion de mettre en avant le projet de conseil d’Alsace qui est innovant et qui ouvrirait de nouvelles perspectives sur un territoire qui connaît une réelle cohérence. Mais il ne faudra pas oublier de travailler avec tous ceux qui sont autour de nos frontières : Bâle, la Lorraine, Le Bade-Wurtemberg, le Palatinat. Il est nécessaire d’avoir une approche multiscalaire de notre territoire, de la microrégion à l’espace rhénan.
Au-delà de l’interview, je voudrais souhaiter bonne continuation à l’équipe Cagliostro qui fait vivre le débat démocratique, ou devrais-je dire faire revivre le débat politique qui était longtemps endormi ! Sinon un message plus vaste à ceux qui hésitent à franchir le pas à l’ouverture d’un blog, faites-le, le débat politique a besoin d’une vaste mine d’idée !
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05.11.2009
3 questions à Monique Jung, Conseillère Régionale d'Alsace
Monique Jung aime s'engager. Femme, centriste et élue, elle répond aujourd'hui aux questions de Cagliostro & Cie. On découvre ici une envie de "valeurs", un credo européen et alsacien. A lire. Merci à elle.
Cagliostro : Monique Jung, vous êtes conseillère régionales de la majorité dite « zellerienne », tel que l’on peut le lire sur le site du Conseil Régional. Alors, ces 6 années de mandats, un bilan, un regard sur la vie locale ?
Monique Jung :Je suis en effet centriste, membre de la majorité Zellerienne créeé en 2004, fruit d’une union entre l’UMP, le centre et les indépendants ; j’assure la VP de 2 commissions, l’économie d’une part et la recherche d’autres part. les échanges au sein de la majorité ont largement été ouverts, les discussions , le respect mutuel et l’écoute réelle ; un grand nombre de propositions centristes ont modifié les approches initiales. je crois néanmoins que nous gagnerions à créer plus de transversalités dans nos approches.
Les verticalités entre les directions, les clusters, et beaucoup d’organisations ne nous permettent pas d’optimiser nos dispositifs : pourquoi ne pas avoir une vision intersectorielle, inter services .. quand des projets se montent, de nouvelles promotions se dessinent (économie, tourisme, export ..) Nous gagnerions aussi à clarifier les missions des structures financées par les fonds publics. J’avoue ne pas supporter le mille feuille ailleurs que dans une assiette .
Cagliostro : Vous êtes aussi une femme en politique, attachée au centrisme. Justement où est aujourd’hui le « centre » dans la vie politique alsacienne ? A-t-il toujours un rôle à jouer ou est-il coincé entre le bipartisme et le retour des verts ?
Monique Jung : Si beaucoup de centristes sont aujourd’hui répartis entre différents partis, des groupes ou groupuscules d’appellation diverses, les centristes doivent néanmoins partager des valeurs et les défendre
- Europe : ce fantastique barrage contre les guerres nés à l’issue du denier conflit mondial est aussi aujourd’hui notre meilleurs rempart à la compétition internationale si elle sait se bâtir autour d’une justice partagée, de règles sociales et fiscales communes pour bâtir de vrais Etats Unis d’Europe capables de représenter une puissance sur les marchés mondiaux ; l’Europe a beaucoup d’étapes à franchir pour parvenir à ces objectifs, et les élargissement ne pourraient s’entrevoir avant de consolider une réelle identité et des fondements partagés entre les Etats Membres ;
L’Europe est aussi une aventure qui doit se vivre au quotidien dans notre capitale européenne ; soyons des territoires d’expérimentation accrue en matière de collaborations, mais devenons aussi une capitale de l’Europe citoyenne ; nous avions proposé de réaliser un grand quartier Européen des artistes, de la culture et de l’artisanat dans notre capitale Alsacienne lors d’une séance plénière de la Region ; l’Alsace mérite un grand projet structurant au niveau européen !
- la tolérance et le respect de l’autre : parce que nous pensons qu’une société ne peut laisser sur le bord du chemin ceux qui n’ont pas suivi les mêmes parcours, nous considérons que nous sommes riches de nos différences ; nous encourageons avec ferveur l’ouverture sur l’autre, l’apprentissage des langues, et l’économie solidaire
- un développement économique basé sur les valeurs humaines, respectueux de l’environnement et du denier public : le modèle capitalistique a montré ses limites ; l’argent ne peut et ne doit être le moteur unique de notre développement ; notre humanisme rhénan mêle l’initiative économique et les valeurs d’attachement aux racines du territoire, et au respect de l’homme qui est la vraie valeur à défendre au delà des seules notions de profits. Ce respect doit aussi se traduire par la conscience que nous devons transmettre à nos enfants une terre sur laquelle ils puissent vivre dans une nature préservée. Développons des systèmes de transports alternatifs à la voiture, et au fret routier grâce aux trains, ou aux voies navigables .. et des systèmes de chauffages qui ne soient pas basés sur les énergies fossiles. Nous soutenons pleinement les efforts menés par la Region en ce sens ; Nous proposons également de lier soutien de la Region aux entreprises et blocage de distribution de dividendes quand elles obtiennent une aide publique : notre soutien doit consolider l’exploitation et la pérennité des sociétés .
- un développement économique basé sur la valorisation de la recherche et de l’innovation : nos entreprises peuvent largement bénéficier des compétences scientifiques très riches en Alsace. Il nous appartient de poursuivre et encourager une meilleure diffusion de ces connaissances, et accessibilité accrue aux entreprises. Les collaborations scientifiques sont aussi de fantastiques sources de nouvelles implantations, qu’un travail en réseau facilite. Le fonctionnement des pôles de compétitivités le prouve ! La mise en place d’une porte de l’innovation avec un laboratoire des idées, aujourd’hui inscrit au CPER est un exemple d’action que nous défendons.
La question n’est donc pas de savoir s’il y a une place pour le centrisme mais s’il y a des places pour ces valeurs que le centrisme défend. L’engagement politique n’est pas uniquement partisan, il doit aussi « gérer la cité » avec une idée d’idéal à défendre ; c’est en tous cas ma vision de l’engagement, que j’ai défendu avec mes collègues au sein du Conseil Regional
Cagliostro: on vous sait également professionnellement attachée à l’Alsace et à son développement notamment par le biais des « Ambassadeurs ». Quelles mesures doivent être prise pour faire de l’Alsace une région qui ose et qui gagne ?
Monique Jung : J’aimerais partager une anecdote ; j’ai participé en 2005 à une mission à Bilbao, conduite par Adrien Zeller. L’objectif était de vérifier comment le pays Basque s’était sorti de situations économiques très difficiles ; nous avons rencontré nos homologues, des institutions, clusters … j’ai retenu quelque chose qui m’a paru essentiel : le pays Basque connaissait un taux de chômage de 30 % que chaque structure tentait de combattre avec une série d’initiative individuelle. A ce niveau de chômage, ils ont décidé de se réunir et d’examiner ensemble ce qui pouvait être fait : un appel à Michael Porter, et la construction d’un musée Guggenheim .. courageuse décision qui a bien porté ses fruits !
Je crois que les efforts doivent donc être portés par tous les acteurs , partagés dans une même volonté ; le combat politique doit s’arrêter après des élections pour que tous tirent l’Alsace, et non leurs individualités…
La promotion de l’Alsace par le club des Ambassadeurs est une démarche partenariale, qui vise à constituer un réseau de personnes qui s’entraident, font des affaires ensemble.
Par ailleurs , je crois urgent de mettre en place des démarches transversales, qui permettent des partagent d’expériences, des complémentarités .. si l’innovation nait de rencontres improbables, ils faut que nous sachions dépasser les cadres.
Osons, et osons ensemble.
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02.11.2009
3 questions "à mots découverts" à Robert Grossmann
Robert Grossmann publie un livre… Oui, mais ce n’est pas le premier. Pourtant, celui-là, on le commente. Il y a ceux qui font semblant de l’avoir déjà lu et les autres qui critiquent sans savoir. On dit aussi que certains attendent « l’heure H ». La personnalité de Robert Grossmann est telle qu’elle fait réagir. On aime ou on n’aime pas Robert Grossmann, au moins il ne laisse pas indifférent. Avec 3000 amis sur Facebook, il est aussi de loin l'homme politique alsacien le plus present sur Internet. Raison de plus, pour Cagliostro et son équipe d’essayer d’en savoir plus sur ce chêne que certains rêvent d’abattre et sur les branches duquel jailliraient de nouvelles pousses.
Cagliostro : Vous êtes un homme de culture et l’on sait que beaucoup d’auteurs vous inspirent. Pourtant, on a l’impression que la droite souffre d’un complexe dans ce domaine. Quand donc la droite cessera-t-elle de laisser le monopole de la culture à la gauche ?
Robert Grossmann : Ne faudrait-il pas commencer par définir la droite ? Selon moi ce ne serait pas inutile. Mais, trêve de casuistique…
Qui donc est « inspiré par des auteurs » à droite ? Nous pouvons citer au plan national une liste impressionnante d’intellectuels de droite, quelques élus de droite, au plus haut sommet de l’état qui éprouvent le besoin de lire pour nourrir leur réflexion.
Pourtant, je pense que, globalement, la culture inspire moins les élus de droite, alors qu’à gauche on fait semblant. J’observe aussi que le « jacklangisme » c’était avant tout de l’événementiel tintamaresque, l’art à toutes les sauces, plutôt que la réflexion notamment par lecture ; rendons tout de même à Jack Lang cette indispensable révolution du prix unique du livre.
Oui, hélas, mon impression globale est que la droite déserte plus le champ culturel que la gauche…Même si, comme je le crois la gauche est dans la supercherie culturelle. Trop rares sont ceux qui, à droite, s’impliquent, trop nombreux sont ceux à gauche qui font semblant.
Au fond, ma conviction est que la culture ne peut souffrir d’être prise en otage ni par la gauche…ni par la droite. Je le développe dans mon livre « à mots découverts ».
Cagliostro : Les élections municipales passées ont vu la défaite de la liste sur laquelle vous figuriez. Peut-être revenez-vous là-dessus dans votre livre. Quelles leçons en avez-vous tirées ? Quels enseignements pour l’avenir ?
RG : Oui j’en parle assez longuement. La défaite ne peut s’expliquer que par une convergence de facteurs divers et variés que je tente d’analyser. Les enseignements ? Que les opposants à Roland Ries se mettent au travail comme mes amis au sein de mon groupe le font de manière exemplaire. Qu’ils soient sur le terrain, investissent le monde socio-culturel, sportif, économique, qu’ils exercent des responsabilités dans le monde associatif !
Mais aussi que des talents nouveaux lèvent à Strasbourg et se révèlent. Il faut du neuf, mais du neuf qui convainque et…attention : ne pas jeter aux orties les talents confirmés, ne pas donner dans le racisme par l’âge.
La juventomanie n’est pas la recette. N’oubliez pas que les électeurs âgés vont voter plus fidèlement que les jeunes. Bref, il faut trouver une nouvelle formule pour 2014 avec de vrais jeunes ! (car il y a de faux jeunes…, ça ne vous a pas échappé ?) Mais, haro sur les « vieux » serait fatal. Vous avez noté que depuis quelques années un « parti des retraités a émergé qui se présente aux différentes élections.
Cagliostro : Votre livre « à mots découverts » fait donc déjà particulièrement parler. De Strasbourg, capitale européenne menacée à la vie politique locale, qu’y apprendra-t-on ? Est-ce un état des lieux ou un acte de foi ?
RG : On y trouvera un essai de compréhension de la défaite municipale de 2008, on se rendra compte du travail accompli en 7 années, on redécouvrira des épisodes intéressants de la vie publique. On rencontrera des « caractères ». On se penchera sur le communautarisme et sur la question des identités. On n’oubliera pas l’Europe.
Et, en effet, on s’acheminera vers un acte de foi pour demain.
Mais surtout j’y parle sans fuir les questions et sans dissimuler mes inquiétudes ni les choses qui font mal…
J’attache beaucoup d’importance à mes pages de conclusion où mon acte de foi consiste à esquisser des voies nouvelles.
Note : "à mots découverts" sera présenté lors d'un débat à la Librairie Kléber le 26 Novembre à 18h. 30
Entretien Exclusif Cagliostro et Compagnie (source à mentionner en cas de reprise)
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01.11.2009
3 questions à … : le succès
Le rendez-vous « 3 questions à » passionne le web. Après Vincent Froehlicher, Philippe Bies, Jacques Fernique, Jean Emmanuel Robert, des questions ont été posées à Sandrine Belier, Catherine Trautmann, d’autres le seront prochainement.
Mais vous pouvez aussi nous contacter par mail, pour que nous évoquions « votre » actualité.
PS : Nous invitons nos lecteurs à nous retrouver également sur facebook.
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28.10.2009
Jean Emmanuel Robert, un élu UMP de terrain
Jean Emmanuel Robert n’est pas un nouveau venu en politique. Pourtant, il incarne, au Conseil Municipal de Strasbourg, une nouvelle génération et une nouvelle façon de faire. Bien sûr, il a ses détracteurs et leur oppose sa conception de l’engagement populaire de proximité qui tient en 3 axes : le terrain, le terrain, le terrain. Rencontre avec un élu engagé à droite juste après son passage sur France Bleue Alsace.
Jean Emmanuel Robert, vous faites partie du groupe UMP, Nouveau Centre et Indépendants. Ce n’est pas trop dur d’être dans l’opposition face au PS et aux Verts ?
Jean Emmanuel Robert : Permettez-moi tout d’abord de vous remercier de me donner la parole au travers de votre blog, dont je suis, comme pas mal d’autres, un lecteur attentif. Je fais effectivement partie du groupe UMP, Nouveau Centre et Indépendants. Il y a entre les élus qui le composent une cohésion qui n’est pas feinte, qui ne repose pas sur une communauté d’intérêts, mais sur des valeurs réellement partagées. Il y a surtout et c’est très important, une excellente ambiance. Un autre choix n’aurait d’ailleurs pas été possible. Cela correspond à mon engagement personnel, à mes aspirations profondes, aux valeurs dans lesquelles je crois, mais aussi parce qu’il est nécessaire en politique, d’agir dans la clarté. Je n’ai jamais adhéré à l’idée d’avancer masqué sous une bannière floue qui ne parle à personne. Il est important d’être clairement identifié et d’être parfaitement en adéquation avec ce que l’on est réellement. Cela n’empêche aucunement l’ouverture d’esprit, le dialogue et le compromis, bien au contraire.
Nous nous trouvons en face d’une municipalité résolument socialiste et verte, qui s’assume comme telle, jusque dans ses contradictions internes. L’alternance, si elle doit un jour se produire, se fera d’abord avec l’UMP et ses alliés naturels. En 2008, nous avons oublié ce qui aurait dû être une évidence : pour gagner, il faut d’abord rassembler son camp avant de l’élargir pour former une majorité. Nous avons collectivement échoué sur ce plan lors du dernier scrutin municipal. C’est la raison qui m’a conduit et d’autres avec, à militer fortement pour la dénomination actuelle de notre groupe, qui se situe aujourd’hui clairement dans l’opposition au sein du conseil municipal. Pour autant, à chaque fois que l’intérêt général l’exige, comme sur l’avenir de la poste par exemple, nous n’hésitons pas, dans les faits et pas seulement dans les interviews, à être constructifs et à formuler des propositions concrètes. Libre à la majorité de nous suivre ou pas.
Vous me demandez si c’est difficile d’être dans l’opposition. Eh bien ce n’est pas spécialement une promenade de santé ! Il faut être vigilant, plus attentif à ce qui se passe en ville et être réactif. Nous ne sommes plus épaulés par des services administratifs qui vous mâchent en grande partie le travail et donc plus ou moins obligés de tout faire nous-mêmes. Fort heureusement, notre groupe a un excellent collaborateur, Geoffroy LEBOLD, qui, au-delà de l’amitié qui nous lie, fait montre d’un dévouement exemplaire qui au quotidien nous permet d’avancer sereinement.
Il est nécessaire en permanence de chercher l’information que la majorité est rarement encline à délivrer spontanément, malgré les belles promesses entendues en début de mandat. Disons les choses franchement : dès le lendemain d’une défaite, on revient très vite sur terre. On ne vous regarde plus tout à fait de la même manière et il arrive que les mêmes qui vous saluaient chaleureusement hier vous ignorent superbement aujourd’hui. Parfois les portes se ferment aussi. Ça peut paraître ingrat, mais c’est ainsi. La fameuse « traversée du désert » n’est pas qu’une expression, une image : dans l’opposition elle recouvre une certaine réalité. Pour ma part, j’ai pris rapidement beaucoup de distance par rapport à tout cela et j’en ai accepté les règles et les codes. Par ailleurs, j’aime ce que je fais et je prends réellement du plaisir à travailler aux côtés de Robert GROSSMANN qui allie à la fois une enrichissante expérience de la vie et un sens politique qu’on retrouve nulle par ailleurs. J’apprends beaucoup à ses côtés et plus le temps passe plus je mesure cette chance. Alors malgré les difficultés c’est très formateur. Avec mes collègues, Anne SCHUMANN, Frédérique LOUTREL, Martine CALDEROLI-LOTZ et Huguette DREIKAUS, je crois que nous appréhendons la politique et la manière d’en faire sous un autre angle, plus humain, plus réaliste, pas techno pour un sou, et donc en phase avec les attentes de nos concitoyens. Cet état d’esprit est partagé au-delà de notre groupe par d’autres élus, comme Pascal MANGIN pour qui j’ai beaucoup d’estime.
Quoi que l’on fasse, l’exercice du pouvoir éloigne des réalités, car il est prenant et chronophage. Tôt ou tard la routine et la certitude presque maladive d’avoir toujours raison s’installent… À tort ! Dans l’opposition, malgré le travail, on reprend le temps de vivre normalement. Je pense que l’on sort grandi et rasséréné d’une cure d’opposition… à condition bien évidemment que celle-ci ne s’éternise pas !
Quel bilan tirez-vous de ce qui n’est plus le début de la mandature Ries ? Comment se manifeste aussi votre « résistance » ?
Jean Emmanuel Robert : Il est trop tôt pour parler de bilan municipal. Les quelques projets initiés aujourd’hui étaient déjà dans les cartons voire dans les tuyaux en 2008. Je pense notamment aux opérations de renouvellement urbain à Hautepierre et à la Cité Nucléaire qui du reste, sous couvert d’une nouvelle concertation assez artificielle, ont pris pas mal de retard. Même si nos successeurs ont été élus pour mettre en œuvre « une autre politique », je regrette qu’au-delà des déclarations d’intention, il n’y ait pas de continuité républicaine sur des dossiers aussi importants que le parc des expositions ou le tram vers Koenigshoffen et le centre de la Roberstau.
En fait, il y a bien l’un ou l’autre nouveau projet, mais ils relèvent soit d’un plantage manifeste, l’Eurostadium où le site olympique permanent de Monsieur OEHLER, soit d’une incohérence urbanistique évidente, le PEX, soit et c’est plus grave, du bétonnage à tout crin spécialement au Neudorf.
Nombreux sont nos concitoyens qui affirment « qu’il ne passe plus rien d’intéressant en Ville », que la place Kléber redevient infréquentable, que l’insécurité repart au galop dans les quartiers et que nos rues sont de plus en plus sales. C’est malheureusement une vérité que tout un chacun peut constater chaque jour et que je déplore. On observe également le retour d’un certain laisser-aller. Faut-il rappeler qu’un gamin de 14 ans a été jusqu’à incendier plus d’une vingtaine de voitures cet été « parce qu’il s’ennuyait », et ce, sans aucune réaction municipale de réprobation ? On marche sur la tête et c’est la raison pour laquelle j’ai dénoncé vigoureusement cette situation.
S’agissant de la promesse phare de « restaurer la démocratie locale à Strasbourg », il n’y a que les socialistes pour penser que ce soit un succès. Au sein des conseils de quartier nouvelle formule, la déception est immense, les démissions pleuvent parce que la concertation est généralement fantaisiste. Les réunions sont désertées. Sous la mandature précédente, même si tout était loin d’être parfait, les élus de l’opposition pouvaient au moins siéger dans trois conseils de quartier au choix. Désormais, ils en sont totalement exclus, pour quelles raisons ? Ils sont également fermés à l’immense majorité des Strasbourgeois et sont composés à partir de tirages au sort, méthode que je ne trouve pas spécialement efficiente et moderne. Je suis intervenu longuement au conseil municipal de septembre pour dénoncer toutes ces dérives. Ce n’est plus supportable et il est impératif qu’il y ait une véritable rupture dans cette manière d’exercer le pouvoir. À l’heure de l’Internet et du multimédia, le partage de l’information doit couler de source, être naturel et enfin devenir une réalité : c’est le gage d’une démocratie locale saine, apaisée et respectueuse de nos concitoyens. J’ai formulé à ce sujet des propositions concrètes au travers d’une tribune, il y a quelques jours. J’ai demandé combien avait pu coûter au contribuable la semaine européenne de la démocratie locale, qui n’est en réalité qu’un écran de fumée et une vaste opération de communication au profit du pouvoir, sans aucune réponse bien évidemment. Les DNA n’ont pas eu plus de chance : quand elles posent la question à Monsieur HERRMANN, de savoir combien la Ville a dépensé pour le fiasco de la réunion publique du conseil de quartier de Hautepierre organisée au Zénith, le Premier adjoint est bien en mal de répondre. Je comprends sa gêne : tant d’argent public gaspillé pour une salle vide aux trois quarts !
Contrairement au discours officiel, l’opposition n’est pas mieux traitée aujourd’hui : les belles promesses de campagne sont passées rapidement aux oubliettes. Certes, nous avons davantage de moyens matériels aujourd’hui ce que je reconnais bien volontiers, mais l’information des élus s’est quant à elle considérablement dégradée. Je pense qu’il faut bâtir un véritable statut de l’opposition et le respecter quelque soit la couleur politique de la majorité en place. À mon sens, l’opposition doit pouvoir jouer un rôle, être associée réellement à la prise de décision sur des sujets d’intérêt général. Objectivement nous n’en prenons pas le chemin : regardez l’affaire de l’Euro 2016 qui devrait totalement faire consensus, le dossier remis par la municipalité à la FFF n’est même pas le même que celui qui nous a été transmis ! Pourquoi nous cacher certaines choses, cela n’a pas de sens ? Si nous revenons aux responsabilités nous changerons profondément cette manière de faire.
En revanche, Roland RIES incarne bien la Ville et la fonction de Maire. C’est extrêmement important et, sur ce plan, je n’ai aucun reproche à lui faire. Il essaye de ménager un certain consensus même si ce n’est en réalité qu’une façade derrière laquelle certains de ses adjoints manient le sectarisme avec excès.
Mais ce qui pêche le plus lourdement, c’est l’absence de vision stratégique pour Strasbourg et le manque de volonté politique : clairement la municipalité actuelle ne prépare pas la ville de demain.
Et l’avenir, comment le voyez-vous ? Comment construire un avenir à la droite, d’abord à Strasbourg, puis en Alsace . Par lequel des 12 travaux d’Hercule faut-il commencer ?
Jean Emmanuel Robert : D'abord, il y a une réalité sociologique dans les grandes villes sur laquelle je voudrais insister. Et Strasbourg, qu’on le veuille ou non, n’échappe pas à la règle. Un basculement à gauche s’opère depuis plusieurs années et ce n’est pas un hasard si nous avons perdu depuis 1998 toute une série d’élections, notamment cantonales.
Certes nous n’avons pas toujours eu les meilleurs candidats et il y aurait beaucoup à dire sur le choix de certains d’entre eux. Des erreurs ont été commises, c’est vrai aussi. Nous avons parfois désespéré ceux qui nous avaient fait confiance en ne menant pas la politique pour laquelle nous avions été élus et nous n’avons pas toujours su valoriser ce qui devait l’être. La Droite à un problème avec la Com, c’est de notoriété publique et il faut que cela change une fois pour toutes. Enfin, le comportement n’a pas toujours été exemplaire, et il nous a coûté très, très cher.
Mais structurellement, la précarisation des faubourgs et même du cœur de la ville, avec son lot de difficultés sociales, a permis à la Gauche de prospérer et de connaître un certain nombre de succès. C’est aujourd’hui une réalité dans la majorité des grandes villes. Cette réalité nous devons la prendre en compte et en faire l’axe central de notre réflexion dans les prochaines années. La population et par définition l’électorat ont changé. Les Strasbourgeois ont de nouvelles attentes et de nouvelles espérances. À nous de mettre à jour notre diagnostic, à nous de les identifier clairement, à nous d’y répondre, à nous de nous adapter. Certaines recouperont les valeurs que nous défendons depuis toujours, d’autres exigeront de nous que nous fassions preuve de créativité et d’innovation voire d’audace. Tous ceux qui font une analyse similaire, mais qui pensent qu’il suffirait de diluer notre message au point qu’il devienne insipide et insignifiant se trompent lourdement. Dans la vie comme en politique il faut des repères qui balisent le chemin qu’on emprunte.
Nous avons à droite un socle de valeurs républicaines qu’il ne convient pas de raboter, mais au contraire d’affirmer et d’enrichir d’idées nouvelles, de propositions concrètes. Cela ne peut se faire qu’au travers d’un large rassemblement au sein duquel toutes celles et tous ceux qui sont aujourd’hui engagés à droite, au Centre ou dans la société civile ont leur place. Pendant le mandat précédent de combien de personnes nous sommes-nous coupés pour des questions purement personnelles ?
Le moment venu nous devrons tourner vers une personnalité qui soit en capacité de fédérer autour d’elle toutes ces bonnes volontés, sans exclusive. Je ne vous donnerai pas de noms aujourd’hui - c’est prématuré et il ne m’appartient pas de le faire - mais un profile pourquoi pas. D'ailleurs, celles et ceux qui, ces derniers temps, s’autoproclament candidat(e) n’ont aucun respect pour les nombreux militants de notre mouvement et je le déplore.
Nécessairement, il devra s’agir d’une personnalité qui rassemble, qui sait écouter, dialoguer et se remettre en question. Elle devra avoir une bonne image et ne pas être clivante, sinon on n’y arrivera pas. Roland RIES disait de lui-même, avant son élection, qu’il n’avait laissé durant son intérim (1997-2000) « que des bons souvenirs ». C’est une évidence et cela a grandement contribué à sa victoire : tirons-en les conséquences et tirons avec lucidité les leçons de notre échec.
La Droite a plus de soucis à se faire qu’elle ne l’imagine en Alsace, car cela fait des années que, dans une certaine mesure, elle se repose sur ses lauriers, persuadée que la situation est acquise pour longtemps. Du coup, on se comporte en bons gestionnaires sans faire vraiment de politique alors que la Gauche, elle, ne s’en prive pas, et elle a raison. C’est pourtant le politique qui doit insuffler un cap, c’est de lui que doit venir l’imagination de la société de demain, c’est lui qui doit constituer une sorte de repère pour la société.
Il suffit de voir la composition du cabinet de Roland RIES et de Jacques BIGOT ou des groupes politiques de la majorité pour comprendre l’importance du politique dans leur architecture municipale. À titre d’exemple, là où la gauche affiche 5 collaborateurs de groupe politique aujourd’hui, entre 2001 et 2008 nous n’en avions qu’un seul, mal payé au demeurant. C’est un non-sens !
La classe politique alsacienne, toutes tendances politiques confondues, a eu un comportement « d’enfant gâté » en refusant un certain nombre d’opportunités économiques, comme DHL ou RYANAIR et bien d’autres. Regardez l’état dans lequel se trouve notre aéroport à côté de celui de Baden, c’est désespérant. Nous connaissons aujourd’hui la plus grave crise économique depuis 1929. L’économie alsacienne souffre aujourd’hui bien plus que le reste du pays parce que c’est une terre plus industrielle qui plus est, fortement exposée aux soubresauts de la conjoncture allemande. Force est malheureusement de constater que tout n’a pas été fait pour nous renouveler et nous adapter aux évolutions induites par la mondialisation. Cette situation exige désormais un coup de booster de la part des collectivités territoriales. Il va falloir changer de braquet et redevenir volontaristes et conquérants.
De ce point de vue là, il n’y a rien à attendre de la Ville de Strasbourg et de la CUS, le pouvoir en place a réduit les investissements comme jamais en pleine période de crise. André REICHARDT, le président de la Région Alsace, a l’intention de présenter, après le plan de relance d’Adrien ZELLER, un budget offensif sur l’emploi. Il a mille fois raison. Philippe RICHERT, quant à lui, a annoncé qu’en cas de victoire il concentrerait les efforts de la Région sur l’économie, l’innovation et le développement durable. Compte tenu des enjeux, c’est clairement l’homme de la situation. Je lui fais pleinement confiance. Outre ses qualités de véritable humaniste, il est animé d’une forte passion pour notre terre alsacienne, ferment d’un enracinement local authentique que seuls le temps et l’action façonnent. Pour gagner les prochaines régionales, qui vont être difficiles, il faudra être résolument offensif et combatif, en n’omettant pas les valeurs de droite qui ont fait le succès de Nicolas SARKOZY en 2007.
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23.10.2009
3 questions à Jacques Fernique, Conseiller Régional d'Alsace, Conseiller Municipal de Geispolsheim "Les Verts"
Conseiller Régional d'Alsace, Conseiller Municipal de Geispolsheim, Jacques Fernique n’est pas un inconnu pour celles et ceux qui suivent la « planète verte ». Il se livre au jeu des 3 questions et offre un regard précis et argumenté, avec en perspective, les élections régionales.
Lorsque l’on n’est pas « au cœur » de la nébuleuse verte, on a du mal à analyser le déroulement des futures élections régionales. Les têtes de liste sont-elles désignées ? Comment cela se passe-t-il chez vous ?
Jacques Fernique : Rien d'étonnant à ce que vous en perdiez un peu votre latin, tout érudit palermitain que vous êtes. Les choses vont vite : le rassemblement des écologistes d’Alsace est engagé depuis plusieurs mois et j’avoue que ceux qui l’ont imaginé il y a maintenant près d’un an sont eux-mêmes bousculés par sa dynamique. Le plus déroutant pour les observateurs extérieurs, c’est que les écologistes ont changé. Alors que nous étions des spécialistes avérés des conflits internes, des chocs fratricides et des leaders jetables, le climat est radicalement nouveau depuis que les échecs politiques de 2007, les attentes déçues du Grenelle et le sentiment de l’urgence planétaire ont conduit les écologistes à comprendre qu’il fallait changer : les choix stratégiques comme les désignations de nos responsables et de nos candidats se font dorénavant dans un esprit de consensus et de responsabilité collective. Europe écologie Alsace rassemble l'ensemble des forces et des acteurs de l'écologie qui souhaitent construire une alternative crédible pour l'Alsace pour répondre à l'urgence environnementale et sociale,. Partie intégrante du rassemblement, les Verts ont d'ores et déjà désigné en leur sein les candidats Verts qu'ils proposeront à Europe Ecologie Alsace auxquels se mêleront des candidats « non-verts » dont certains MEI si l’accord en cours de discussion se conclut positivement.. Les Verts proposeront une tête de liste régionale : un vote interne par correspondance est en cours pour choisir entre Andrée Buchmann, Christophe Hartmann et moi même.
A partir de cette proposition et de celles des autres composantes du rassemblement, la liste définitive sera révélée mi novembre après son élaboration consensuelle par le Comité Europe Ecologie Alsace. Nous avons voulu construire un processus concerté et démocratique, respectueux des identités fédérées au sein d'Europe écologie Alsace.
Et cela se passe très bien et fait école, puisque d’autres régions Europe Ecologie s’inspirent des modalités imaginées en Alsace dès le mois de mai. J’ai en effet personnellement tenu, comme secrétaire régional des Verts, à faire en sorte que les modalités du processus soient décidées et fixées avant de commencer à s’y engager.
Pour le moment, on parle peu d’idées, encore moins de programme et beaucoup d’alliances. Alors, vers quoi va-t-on et avec ? Les Verts veulent-ils partir seuls au 1er tour ou allié et si oui avec qui ? On perçoit parfois une différence de vues entre les « Verts » et « Europe Ecologie ». Aidez-nous à y voir plus verts.
Jacques Fernique : Là, cher Cagliostro, vous êtes un peu réducteur ! Il est vrai que les alliances ne furent pas toujours à votre avantage et que le souvenir du Cardinal de Rohan a pu vous laisser quelque habitude de prudence. Cependant, pour notre part, c'est bien au programme que nous attachons le plus d'importance actuellement car c'est lui qui conditionne les éventuelles alliances, mais surtout la viabilité, la vitalité et la crédibilité du rassemblement des écologistes.
Depuis le mois de juillet, les nombreuses réunions des signataires d’Europe Ecologie Alsace, leur rencontre régionale du 13 septembre et leur Forum du 17 octobre ont été complètement consacrés au travail sur les enjeux et sur les propositions programmatiques.
Oui sur une base claire de projet de transformation écologique, les écologistes rassemblés présenteront leur liste au premier tour afin d'offrir aux électeurs la possibilité de choisir. Nous n'envisageons pas de sacrifier ce projet de proposition de fond dès le premier tour à une quelconque combinaison à l’écart des électeurs. C’est vraisemblablement la dernière fois en 2010 aux élections territoriales que les électeurs pourront choisir entre plusieurs projets au premier tour, puis opter pour une proposition d’alliance majoritaire claire ; alors nous n’allons pas gâcher cette ultime possibilité d’alternance écologique et solidaire pour l’Alsace. Les Verts pèsent environ 13% aux cantonales en Alsace, 17% aux européennes, on verra combien aux régionales. Or, en 2014, si l’UMP persiste avec son scrutin uninominal à un tour à l’anglaise, les écologistes et la gauche n’auraient que quelques rares élus passant en tête au premier tour (si on se réfère aux dernières séries de cantonales) et quelques miettes de proportionnelle s’appliquant à une douzaine de sièges (2 élus pour les écologistes avec 15-17%) : autant dire même pas le bipartisme, mais l’unipartisme en Alsace !
Europe Ecologie et les Verts sont en phase : c’est particulièrement le cas dans notre Région où les Verts ont su jouer pleinement le leadership de Sandrine Bélier (non-verte) aux européennes, et où ils ont impulsé dès le mois de juin l’appel Europe Ecologie Alsace. A notre Forum du 17 octobre, les « non-verts » étaient légèrement les plus nombreux et c’est très bien comme ça. Les Verts Alsace ont compris les limites de leur fonctionnement cloisonné, ils ont choisi de s’ouvrir, de rassembler sans mégoter. Tous les écologistes d’Alsace qui souhaitent une nouvelle majorité régionale où l’écologie aura toute sa place ont leur place dans ce rassemblement pour le premier tour. Nombre d’associatifs, d’élus locaux, d’animateurs de l’écologie hors-partis l’ont compris. Les organisations politiques aussi : les Verts bien sûr, le MEI probablement (il en a l’envie), CAP 21 peut-être.
Non, il n'y a pas les verts d'un côtés et EE de l'autre, il y un rassemblement des écologistes qui est un lieu de débat et d'élaboration riche. Ceux de vos amis qui ont participé à notre forum du 17 octobre vous l'ont sans doute rapporté en détail !
Au second tour, l'objectif est sans ambiguïté : gagner la région pour l'écologie par l’alternance à la droite La question de l'alliance des écologistes avec d’autres se posera alors et se construira, nous l'espérons, une majorité nouvelle pour l'Alsace.
Espérant donc que vous y verrez…de plus en plus vert.
Parlons programme. Quelles seraient les principales mesures à prendre si vous parveniez à prendre la région, seuls ou accompagnés ?
Jacques Fernique : Sans transformer votre blog en tract écolo, j’ai envie de mettre en avant trois éléments de programme essentiels selon moi.
Tout d’abord, face à la crise et à la situation de l’économie alsacienne, la conversion écologique de l’économie peut être plus qu’un slogan. L’économie verte, les transports doux, l’économie de proximité, c’est un gisement d’emploi extraordinaire qui vient répondre à des besoins réels et qui prépare l’avenir. Les politiques de conversion écologique de l’économie sont une réponse moderne et ambitieuse à la crise économique et sociale, en même temps qu’elles nous permettent d’adapter nos modes de vie et de production aux contraintes nouvelles que sont la raréfaction des ressources et les conséquences prévisible du changement climatique. L’action de la région en ce sens passera par le schéma régional de développement, par une politique d’adaptation et de démocratisation des formations professionnelles, par des mesures d’accompagnement et de soutien aux entreprises porteuses de projets innovants, par le soutien résolu à l’économie sociale et solidaire qui pèse particulièrement dans notre région. La commande publique sera exploitée pour soutenir les filières vertes, et avec l’Etat et les autres collectivités, nous voulons proposer aux secteurs les plus fragilisés, tel l’automobile, un contrat de conversion visant à réorienter la production et préserver les emplois. L’agriculture qui doit être encouragée c’est celle qui développe des productions et des pratiques d’intérêt régional au regard de la qualité alimentaire, de l’impact environnemental (nappe, coulées de boue, biodiversité…), de l’emploi et des zones difficiles (montagne). Si la réforme de la PAC, régionalise l’attribution des aides du premier pilier sur ces critères, ce serait un formidable levier pour le renouveau de l’agriculture alsacienne. On nous caricature souvent comme des partisans de la bougie. Ceux qui s’amusent ainsi devraient comprendre que pour éviter de se retrouver dépourvus dans 20 ans, c’est aujourd’hui qu’il faut engager la mutation. Nous revendiquons l’actualité et la modernité de ce projet.
Ensuite, j’aimerais insister sur la nécessité pour l’Alsace de redevenir une terre d’avenir et d’innovation. L’Alsace a hélas perdu avec les années ce côté précurseur qu’elle avait su cultiver. Nous proposons de faire de l’Alsace la première des Ecorégions - et avons eu le plaisir de voir que le concept a depuis que nous l’avions proposé il y a quelques mois connu un certain succès … Ils n’ont guère de crédibilité sur cet enjeu ceux qui se sont avérés incapables depuis 4 ans qu’elle est votée d’obtenir la mise en place de la taxe poids-lourds qui nous mettrait en phase avec nos voisins suisses et allemands. Nous voulons que l’Alsace soit une terre d’excellence écologique et sociale, une terre où s’expérimente des solutions d’avenir. Les politiques de transport, d’aménagement, doivent rompre avec les vieilles recettes du passé L’écorégion, ce ne peut être la nucléorégion ou la GCOrégion. Nous proposons de construire des politiques publiques articulant urgence climatique et justice sociale. Ainsi la Région doit, sur une de ces compétences principales, porter un effort considérable : l’objectif de quadruplement de la fréquentation des TER d’ici 2030 (objectif national) doit être atteint en Alsace, et même dépasser dans cette Région où le train a toujours mieux réussi qu’ailleurs.
Enfin, la place particulière de, l’Alsace au cœur du Rhin supérieur et au carrefour de l’Europe doit être pleinement assumée. Cultivant notre identité, encourageant un véritable bilinguisme, nous souhaitons également œuvrer avec nos partenaires suisses et allemands à la mise en place d’un « green deal rhénan » articulant dispositifs de concertation et de codécision démocratique, politiques de conversion et d’aménagement d’avenir – et tout d’abord sur la question des liaisons aéroportuaires et ferrées- et participant à construire une politique éducative et culturelle émancipatrice, accessible et fortement marquée par son ouverture européenne.
Propos receuillis par Cagliostro & Cie
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12.10.2009
Vie politique en Alsace
Communiqué, Interviews, Entretiens
Vous êtes élu(e) ? Vous êtes « politique » ? Notre blog, comme il l’a toujours fait et en gardant sa liberté de ton et de critique, vous ouvre ses colonnes.
Interviews, entretiens, peuvent ainsi être proposés. Pour cela, contactez nos équipes par mail ou sur Facebook. Nous vous posons alors 3 questions et vous y répondez librement.
3 questions à
Après Vincent Froehlicher, Philippe Bies, nous vous informons que 3 entretiens sont en cours de réalisation
- Catherine Trautmann, Sandrine Bélier, Jean Emmanuel Robert
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11.10.2009
3 questions à Philippe Bies sur la Garantie des Risques Locatifs
Cagliostro invite des élus à répondre à des questions précises. Philippe Bies, se prête au jeu en répondant à des questions techniques posées par des personnes directement intéressées. Pour nous le jeu en vaut la chandelle. Les blogs permettent de faire de la politique autrement le président de Cus Habitat pourra être invité sur un dossier plus politique, dans quelques semaines.
Pouvez-vous garantir que la Garantie des Risques Locatifs sera accessible à tous les publics et qu'elle sera dotée des fonds indispensables, comme prévu dans le cadre de la loi DALO (Loi DALO + Dotation) ?
Philippe Bies : La GRL® est accessible à tous les publics dans la limite d’un taux d’effort (part du loyer dans les revenus) du locataire inférieur ou égal à 50 % et d’un loyer maximum de 2000 €.
Lorsque le taux d’effort est inférieur à 28 %, la GRL® est financée uniquement par les primes d’assurance du bailleur. Lorsque le taux d’effort se situe entre 28 % et 50 %, la GRL® est financée par les primes d’assurance du bailleur et une compensation du 1% Logement et de l’Etat.
Concernant les fonds (crédits du 1% et de l’Etat), un décret d’application de la Loi Boutin est en instance de publication. L’Etat s’est engagé mais le budget fera l’objet d’arbitrage chaque année…A suivre de près donc.
Concernant la loi DALO, ses effets sont très décevants compte tenu du désengagement progressif mais réel de l’Etat dans le domaine du logement aidé.
Pouvez-vous nous dire si la GRL sera appliquée dans tous les parcs de logement, avec une baisse du coût d’assurance pour tous les propriétaires
Philippe Bies : La GRL® concerne uniquement le parc privé.
Depuis début octobre, le coût de l’assurance n’est hélas plus encadré, il est fixé librement par les assureurs. Le taux pratiqué se situe actuellement entre 2 et 2,5 %.
Néanmoins, la GRL® aboutira mécaniquement à une baisse du coût de l’assurance pour les propriétaires volontaires puisque la collectivité en prendra une partie à sa charge
Est-ce que la GRL sera accessible, dans des conditions spécifiques, aux organismes pratiquant des activités de médiation locative en location ou sous location ?
Philippe Bies : Les logements en sous-location ne sont pas éligibles au dispositif.
Les collectivités peuvent mettre en place d’autres dispositifs où elles assument une grande partie du risque locatif (ex : la Mairie de Paris a expérimenté Solibail et la Région du Pays de la Loire a créé un fond de cautionnement pour les étudiants)
Compte tenu du retard pris dans le domaine de l’habitat à Strasbourg ses 10 dernières années, cette mesure n’est pas encore envisagée mais je souhaite qu’elle soit étudiée dans les mois à venir afin de compléter efficacement le dispositif en place.
Pour conclure, je dirai que le chantier est immense et les outils nombreux mais souvent complexes. C’est pour cette raison que j’apprécie de pouvoir m’appuyer sur un réseau d’hommes et de femmes de terrain qui m’aident à orienter et affiner progressivement le politique municipale et communautaire dans le domaine de l’Habitat et du logement social.
La GRL® n’est qu’un outil parmi les autres et il faut la replacer dans un cadre plus général avec la Taxe d’Habitation sur les logements vacants et le Programme d’Intérêt Général « Habitat Durable » qui forment les piliers de notre politique dans le domaine de l’habitat privé.
Propos receuillis auprès de Philippe Bies – 10/10/09. Philippe Bies est Conseiller Général, Adjoint au Maire de Strasbourg et Vice-Président de la Communauté Urbaine de Strasbourg.
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02.10.2009
3 Questions à Vincent Froehlicher - Directeur Général de l'Adira
Pour le retour de nos rencontres, nous avons choisi de laisser la parole à celles et ceux qui agissent pour la région. Premier invité, Vincent Froehlicher, Directeur Général de l’Adira. Au cœur d’une crise sans précedent, entendre la voix de ceux qui s’impliquent « urbi et orbi » dans le domaine économique nous a semblé logique.
Vous œuvrez au sein de l’ADIRA et êtes en charge d’une partie de la prospection et de la sauvegarde concernant l’économie alsacienne. Quelle est concrètement votre action et l’impact de celle-ci sur le tissu alsacien ?
Vincent Froehlicher : Je travaille à l’ADIRA depuis 16 ans et la dirige depuis octobre 2007. Les trois financeurs principaux de l’ADIRA (Département du Bas-Rhin pour 70%, Région Alsace pour 20% et CUS pour 7,5%) lui ont fixé 3 objectifs prioritaires : accompagner les entreprises industrielles et du tertiaire supérieur bas-rhinoises dans leurs projets de développement, accompagner les entreprises de ces mêmes secteurs en cas de difficultés graves, accompagner les élus des territoires bas-rhinois (conseillers généraux et des structures intercommunales principalement) dans leurs projets à caractère économique : zones d’activités, pépinières et hôtels d’entreprise, actions collectives… Concrètement, l’essentiel du travail consiste à rencontrer les entreprises au quotidien et à les aider : terrains, bâtiments, financement, facilitation auprès des services de l’Etat ou des politiques, services en tous genres nécessitant un solide carnet d’adresses… D’exister depuis 60 ans s’avère bien utile ! Nous ne sommes plus responsables de la prospection étrangère depuis 2006, c’est actuellement le job d’Alsace International, mais continuons d’implanter des entreprises internationales qui nous contactent en direct. Plusieurs gros projets américains, suisses et allemands sont à l’étude, pour plus de 1.000 emplois potentiels. Pour la promotion, nous avons créé en juillet 2008 le Club des Ambassadeurs d’Alsace, sans budget mais avec l’aide de 550 professionnels fous d’Alsace (www.ambassadeurs-alsace.com ou groupe et page Facebook). Bilan 2008 : environ 1.000 dossiers actifs, 344 projets nouveaux enregistrés, 144 opérations réalisées ou décidées de façon ferme, représentant un potentiel de 2.613 créations d’emplois à 3 ans (basé sur les déclarations des chefs d’entreprise à l’époque) et 465 millions d’euros d’investissement en bâtiment et équipement. Par ailleurs, 1.036 emplois ont pu être maintenus dans 11 entreprises suivies par l’ADIRA et en difficultés graves, contre 712 emplois perdus. A fin septembre 2009, le trend est identique en nombre de dossiers nouveaux, de réalisations et de décisions, mais –demande basse, visibilité courte et financement contraint aidant- le volume de création d’emploi est réduit de moitié et celui des investissements divisé par trois. Même si des frémissements existent, nous ne sommes pas tirés d’affaire, notamment côté social.
Plusieurs comités d’expansion, plusieurs CCI, en dehors du travail mené par tous, cela ne fait-il pas beaucoup pour une seule et petite région ?
Vincent Froehlicher : Les CCI sont en réorganisation. Je ne peux parler pour elles. Concernant les agences (ADIRA, CAHR dans le Haut-Rhin, Alsace International), Philippe Richert prônait déjà dans un article des DNA du dimanche 10 avril 2005 intitulé « L’Alsace prend trop de claques, il faut un choc ! » leur regroupement et leur optimisation. Je crois savoir que les conditions n’étaient pas réunies, notamment pour le Haut-Rhin qui craignait d’être le parent pauvre et on peut le comprendre. La coopération entre Départements a beaucoup progressé depuis et les hommes ont changé. Mon collègue Jean Simon, du CAHR, et moi sommes en accord sur une répartition des rôles et un manager de transition a été nommé en juillet à la tête d’Alsace International. Je suis confiant dans le fait qu’avec l’arrivée d’élus nouveaux aux commandes, la réforme territoriale, la crise et ses effets sur les ressources des Collectivités, les choses vont bouger vite. Ma vision personnelle est celle d’une agence légère et très opérationnelle, regroupant trois pôles territoriaux (68, métropole strasbourgeoise et reste du 67 par exemple) et services spécialisés transversaux (innovation, international, affaires en difficultés, veille et intelligence économique, promotion/communication et conseil en stratégies territoriales/aménagement). C’est un secret de polichinelle que je suis candidat à la direction d’une telle agence, si elle s’inscrit dans un projet politico-économique fort pour l’Alsace.
Nous sommes quelque part dans la crise. En son début et sa fin, quels sont les dégâts pour l’économie alsacienne ? Y a-t-il des signes d’espoir ?
Vincent Froehlicher : Le schéma régional de développement économique signé entre l’ensemble des acteurs en juin 2006 contenait pour moi tous les ingrédients de la réussite : innovation, international, développement durable, qualification, rayonnement, grands projets infrastructurels… A l’été 2008, nous connaissions des pénuries de terrains, de bâtiments et de main d’œuvre qualifiée, puis le monde a basculé. La reprise s’esquisse certes mais il existe un fort sentiment régional de déclassement et il faut lancer de suite une véritable reconquête. L’Alsace en a les moyens si tout le monde se remonte les manches et se serre les coudes. Poussons nos entrepreneurs, ils ont des projets pleins les cartons, et intensifions les efforts en faveur de la reconversion des populations et des territoires fragilisés. Affirmons notre identité régionale, car c’est une chance immense d’être petits et typés, sans tomber dans le repli : les relais de croissance sont partout dans le monde et dans des secteurs nouveaux : green et cleantechs, santé, nouveaux matériaux, économie numérique, et de façon générale industries et services à valeur ajoutée. Rien de tout cela n’est bien nouveau : plus que d’une nouvelle stratégie, c’est d’un meilleur déploiement stratégique et donc d’une optimisation du dispositif, au niveau des organismes satellites comme à celui des Collectivités elles-mêmes, dont nous avons à mon avis besoin à présent. Yes we can !
Propos receuillis auprès de Vincent Froehlicher Directeur Général, ADIRA (Agence de développement économique du Bas-Rhin)
PS : Nous demandons à nos lecteurs polémistes de modérer leur commentaires pour permettre un débat « riche » et « ouvert ».
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19.11.2008
Elections Internes de l'UMP : Laurent Husser - Strasbourg 2
Candidat au poste de conseiller national UMP de la 2ème circonscription du Bas-Rhin, Laurent Husser n'est pas un inconnu pour les amateurs de belles lettres strasbourgeoises. Littérature, blog et militantisme sont présents au coeur son engagement. Il est le second à avoir répondu.
1) Qui êtes vous, Dans quelle circo vous présentez vous - Quel est le sens de votre engagement ?
Laurent Husser, 37 ans, concepteur-rédacteur dans une agence de communication.
J’ai débuté comme journaliste et rédacteur, tant à Strasbourg qu'à Luxembourg. Au niveau politique, j’ai été Chargé de mission au Cabinet de l'ancien Président de la CUS, Robert Grossmann et militant UMP depuis 4 ans.
2) Le terrain : Strasbourg 2
Je me présente dans la circonscription 2 (Meinau, Neudorf, Esplanade, Krutenau, Bourse, Port du Rhin...), tenue par le seul député UMP de Strasbourg, Jean-Philippe Maurer et cela à deux postes : au sein du comité de circonscription et pour un poste de délégué de la Fédération du Bas-Rhin au niveau national. Je connais très bien cette circonscription, j’y suis né, y ait fait mes études : natürlich wie a richtiger neiderfler !
3) Le sens de l'engagement
Mon engagement est clair. Depuis 2005, je m'occupe avec quelques francs-tireurs du blog de La Droite strasbourgeoise, agitateur d'idées et pourvoyeur de cartouches idéologiques. Contre l'hégémonie intellectuelle et structurelle de la Gauche (sous toutes ses formes, des extrêmistes jusqu’au très bourgeois PS, en passant par les Verts, dévoyeurs de l’écologie...), il s'agit de démontrer qu'à droite, idées et bouleversements de pensée peuvent fuser, sans tabou politique.
Souvent vilipendés, nous avons réussi à forger un site fort, qui fait parler de lui jusqu'au niveau national. Nous l'avons encore prouvé récemment en révélant l'affaire de la censure scandaleuse par le Maire Roland Ries, d'une phrase du grand écrivain Louis-Ferdinand Céline au sein de la médiathèque Malraux,...
J'aime à penser que ma candidature au sein des instances de l'UMP est clairement dans cette lignée, une candidature de rupture et qu’elle permettra à certaines des idées que je défends de s'incarner.
Ce mot de rupture, typiquement "sarkozyste", semble oublié désormais par l'UMP (mais pas par Mme Ségolène Royal, qui l'utilise aujourd'hui dans son entretien dans Le Monde !). Il est temps de le réhabiliter pleinement, au niveau local d’abord, national ensuite !
À l’occasion du futur changement de leader dans le Bas-Rhin (M. Yves Bur quittant son poste après quelques années de bons et loyaux services), du renouvellement des structures locales, il faudra immanquablement une nouvelle équipe, de nouvelles personnes, pour reprendre le flambeau et préparer les dures échéances à venir, régionales, cantonales et législatives.
Les dernières élections en Alsace, cantonales et municipales ont laissé de profondes blessures et ont creusé encore des fossés entre possibles partenaires. Il est temps de cautériser ces plaies, car les divergences sont et seront mortelles.
C'est dans cette optique que je me présente, pour oeuvrer au sein de la 2e circonscription, auprès du député Jean-Philippe Maurer et au sein de la Fédération du Bas-Rhin. Débats d'idées, actions sur le terrain, actions de communication tous azimuts, sur le terrain virtuel de l'Internet et des réseaux sociaux (facebook etc...) : il faut absolument marquer de nouveaux points dans ces domaines, c'est la seule façon pour l'UMP de proposer son message aux militants et électeurs.
Des réseaux culturels, économiques, associatifs de droite doivent se monter à nouveau pour montrer nos engagements au quotidien.
Nous avons laissé depuis trop longtemps le terrain médiatique, intellectuel à nos adversaires. Il est temps d'entamer un réarmement idéologique et politique pour gagner les batailles politiques et sociétales à venir. J’ai ainsi envie de détourner la célèbre phrase du stratège Carl von Clausewitz : la politique, c’est la poursuite de la guerre, par de nouveaux moyens !
On découvre la profession de foi sur un blog strasbourgeois bien connu
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