04.09.2011

Nathalie Roos et la marque alsace

Nous lisons ce matin un article de Nathalie Roos intitulé « « Il faut faire parler de nous » et la plume nous titille. La Conseillère Régionale veut vanter la « Marque Alsace ».

marque, alsace, cagliostro, aile, nathalie, roosSi nous sommes d’accord sur la démarche, le reste de l’article vend une Alsace vide de sens, de valeurs et promeut une Alsace vue par une « heureuse mondialiste » qui ne vit pas elle sur la même planète que nous. Nous vivons en Alsace, elle sur la planète Mars… ou au pays des Bisounours.

Nathalie Roos déclare : « Il faut que l’Alsace se fasse connaître pour une raison précise. Lorsqu’on demande quelle est la première région du monde pour telle chose, un nom doit fuser immédiatement : l’Alsace ».

Vacuité, vacuité, vacuité : une vision de l’Alsace sous vide

Cela commence bien, c’est quoi telle chose. Engluée dans son époque, l’élu n’arrive pas à nous définir pourquoi l’Alsace devrait être connue. Vacuité d’un discours qui porte atteinte à la démarche « Marque Alsace » et aux travaux sérieux de Joel Gayet. Vacuité d’élus qui peinent à connaître les vrais atouts de leur région.

« Se positionner sur le concept « Strasbourg, capitale européenne » n’est pas la meilleure idée ; il n’est pas sûr qu’on sorte vainqueur de la concurrence » (avec Bruxelles). En revanche, se montrer les meilleurs dans le bâtiment basse consommation, les nouvelles technologies de la santé, le savoir-être, la qualité humaine des habitants, le bien-vivre ».

L’élue accumule les erreurs. Un, elle exprime son doute sur la capacité de Strasbourg à rester capitale européenne, les Bruxellois se serviront de l’argument. Même si la perte du statut arrivera, on ne doit pas précipiter les choses.

 Deux, elle nous parle BBC, nouvelles technologies et naturellement place les vraies gens et valeurs en dernier… réduisant l’Alsace à un produit dans lequel vivraient des « gens ».

BBC et nouvelles technologies. On sourit. Dites-nous chers lecteurs si l’Alsace vous semblent leaders en la matière et si la France, de la loi hadopi aux tarifs internet, vous semble le paradis des nouvelles technologies. Les retards en la matière évoqués en juin confirment la chose ( à découvrir sur e-alsace ). .

L’Alsace n’est pas un produit auquel il faudrait donner sa chance

Madame Roos veut faire de l’Alsace un produit. Manque de chance, c’est une région avec des valeurs et une identité qui n’est pas à vendre mais qui peut se promouvoir lorsque l’on ne passe pas son temps à la détruire.

Quant au savoir-être et au bien-vivre, l’adjectif « ensemble » a été oublié pour rajouter à la vacuité. Elle oublie que le marketing territorial n’est pas le marketing de ses cours et formations.

L’article se poursuit en promotion de la firme américaine Mars, celle qui se veut masterfoods, maître de la nourriture…pour hommes et animaux. On est loin de la gastronomie alsacienne.

«  Des atouts, l’Alsace en a : une université de pointe, des pôles de compétitivité prometteurs, comme Energivie ou le véhicule du futur. « Encore faudrait-il que l’INSA (Institut national des sciences appliquées de Strasbourg) mette en place les formations les plus performantes en matière de basse consommation, ou que Peugeot concentre sa recherche/développement à Mulhouse » poursuit la magicienne.

Faudra écrire moins vite et penser plus lentement. On attire pas la-dessus. Comment l’Autriche qui n’a pas ou peu d’industrie est devenu le pays où il fait bon vivre. Tout simplement en mariant tradition et excellence. Pas en jouant sur des domaines où certes, des choses peuvent se faire, mais où d’autres régions ont naturellement pris les devants, depuis 30 ans.

La droite n’aurait rien fait pour connecter l’Alsace ?

« L’Alsace est mal connectée. On traîne le boulet de l’aéroport de Strasbourg. Demain, on peut transformer ça en force. On pourrait avoir, grâce au TGV et à de nouvelles liaisons ferroviaires, cinq aéroports à une heure de Strasbourg, dont Mulhouse-Bâle, Bruxelles qui dessert toute l’Europe, Francfort qui n’est pas un concurrent mais un atout. Entzheim restera un aéroport de proximité. Sans les aéroports, il ne faut pas rêver, on aura du mal » dit-elle encore.

Là, c’est pas sympa pour les copains même s’il y a du vrai. Jean-Louis Oehrlé va pas apprécier. Phlippe Richert qui dirigea le département avant la région n’aurait rien fait non plus ? Mince. On nous aurait menti. A moins que Nathalie Roos, ait voulu, par son article, faire mourir de rire les leaders du PS ?

« Pour attirer les gens et les entreprises, on n’a pas forcément besoin d’un grand projet, mais faut faire parler de nous. Pourquoi pas une exposition universelle sur le thème d’un monde meilleur ? Dans cet esprit, le Conseil d’Alsace est une façon de se montrer innovants dans la gouvernance d’une région » conclue l’égérie. Au fait, qui gouverne la Région ?

Ouf, on s’arrête là. L’élue parle des « gens », vous savez ceux du monde d’en bas. Elle veut attirer des entreprises avec une région et un pays où l’imposition sont fortes et pénalisantes. Et cerise sur le gloubiboulga de la bisounours  « une exposition universelle sur le thème d’un monde meilleur » ! Et pourquoi pas une Foire Européenne des Gentils unis contre tous les méchants ?

Du vent et du vide

L’élue pense qu’il faut « faire parler de soi ». Elle va réussir à faire parler d’elle, prendre plaisir à se lire, rassurer ceux qui aimeraient la voir venir se présenter à une élection à Strasbourg, mais en même temps, elle prouve qu’elle est éloigné de l’Alsace, de ses spécificités et même de sa modernité enracinée.

Sûr, elle va ouvrir une page facebook et twitter sur le sujet. Mais on ne fait pas de vrai buzz avec du vent et du vide. N’en déplaisent aux adeptes des mondes virtuels, l’Alsace est avant tout un territoire incarné. La marque Alsace n’a pas vocation à n’être qu’une opération marketing même si des agences attendent déjà la manne nourricière promise en direct ou ou par le biais d’intermédiaires.

En attendant, tout va donc très bien.

Cagliostro

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