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21.05.2007
Strasbourg 2 : Yann Wehrling, en vert et contre tous !
Premier à avoir accepté de répondre à nos questions, Yann Wehrling est le candidats des « Verts » dans la seconde circonscription du Bas-Rhin. La campagne, quand on est écologiste, on connaît. Il s’explique et nous l’en remercions.
Question : On vous connait comme porte-parole national des Verts. Cette élection est une sorte de retour au pays. Pourquoi Strasbourg 2 et pour quoi faire ?
Yann Wehrling : Retour au pays... pas vraiment. J'ai été plus visible au plan européen et national ces dernières années car j'y avais des responsabilités. Pour autant, je ne me suis jamais défait de mon domicile strasbourgeois où je revenais chaque semaine. Maintenant, j'y suis présent quasiment à 100% de mon temps. Strasbourg 2, parce que j'y vis aujourd'hui et que j'y ai vécu quand j'étais étudiant (enfant, j'étais dans la quartier gare puis brièvement à Lingolsheim). Je suis né à Strasbourg et j'y ai fait toute ma scolarité, y compris mes études. C'est une explication simple et évidente. Pour tout dire, je suis tellement attaché à Strasbourg que j'ai refusé d'aller me présenter ailleurs, là où, comme on me le proposait, mon élection aurait été plus "assurée". Pour quoi faire ? Pour être un député qui puisse illustrer son action à l'Assemblée nationale à partir d'un terrain qu'il connait, le terrain qu'il connait certainement le mieux. Au delà de mes idées, j'estime avoir aujourd'hui acquis de solides connaissances de 3 niveaux importants pour être un bon député : le niveau européen (j'y ai travaillé 6 ans), le niveau national (j'y ai exercé des responsabilités au cours des 4 dernières années et je continue d'en exercer) et le niveau local qui est Strasbourg où je vis et travaille en tant qu'illustrateur. Mais le "pour quoi faire" ne se résume pas à des questions de capacité et donc d'efficacité, mais de contenu avant tout. Je veux m'atteler à quelques dossiers qui sont à construire dès maintenant mais qui prendront sans doute du temps à se mettre en place : l'isolation des logements et le remplacement des chauffages les plus coûteux et les moins écologiques pour faire baisser le montant des charges locatives des ménages ; les méthodes d'agriculture et de distribution des aliments pour réorienter l'argent public investi dans la production alimentaire afin de moins polluer les sols et l'eau et rendre les aliments de base (fruits et légumes notamment) bien moins chers et de meilleures qualités qu'ils ne le sont (une des mesures que je voudrais développer c'est une loi aidant et imposant les cantines bio dans les écoles et les entreprises - comme l'a fait notre élue verte à Illkirch Graffenstaden) ; Enfin, troisième chantier, les transports. Je voudrais lancer l'idée d'une carte "transport" qui permettrait de disposer de points "kilométriques" sur une carte à puce qui permettrait à n'importe qui de prendre le train, le tram, le bus, l'auto-partage ou louer un vélo. Bref, un moyen simple et efficace de prendre des transports alternatifs à la voiture. La mise en place d'une telle carte nécessiterait une lourde négociation avec toutes les sociétés qui gèrent les transports cités (SNCF, RATP, CTS, vélocation...). Il faudrait de plus que le point kilométrique soit valable partout en France. Dès lors, cette mesure doit être nationale et largement soutenue par l'Etat. Ensuite, achetée par des entreprises, cette carte pourrait être distribuée aux salariés selon la méthode des tickets restaurant. Achetée par des organismes sociaux (CAF, ASSEDIC), elle permettrait aux plus démunis de voyager moins cher voire gratuitement si la carte est donnée. Je parie sur cette mesure qui rendrait moins cher et plus facile d'usage les alternatives à la voiture. Et de fait, par effet levier et d'entraînement, la place de la voiture se réduirait. Effet sociaux (un budget transport réduit), effet écologique avec moins de gaz à effet de serre rejeté par des transports qui contribuent aujourd'hui à hauteur de 30% des émissions.
3 chantiers qui n'en excluent pas d'autres (notamment dans le domaine fiscal et économique avec les aides aux TPE et PME)... mais je vous renvoie à mon site pour en prendre connaissance.
Question 2 : L'écologie ne devrait-elle pas concerner tous les partis politiques et ce par delà droite et gauche ? Ces derniers temps, tout le monde est écologiste. De Nicolas Sarkozy à Francis Lalanne. Au-delà des peoples, a-t-on en France, conscience des véritables enjeux écologiques ?
Yann Wehrling : Le travail des Verts et des écologistes dans tous les domaines, depuis 30 ans, a porté ses fruits. C'est d'abord cela que je constate dans cette prise de conscience. Mais attention, il faut bien se rendre compte que nous n'en sommes encore qu'à la prise de conscience. La France est le plus mauvais élève européen en matière de protection de l'environnement et de prise en compte des équilibres planétaires. Votre constat, on m'en fait part régulièrement. Aujourd'hui, je suis encore plus motivé qu'avant pour me battre dans le champ politique... précisément pour ne pas nous retrouver dans l'absorption d'un problème aigu par des gens qui n'en font que des promesses ou des discours creux et lyriques. Au cours des 20 dernières années, tous les partis se sont emparés de la question du chômage. L'a-t-on résolu pour autant ? Non. Idem pour l'environnement. Comme tout le monde s'en soucie aujourd'hui, tous les partis l'intègrent dans leur programme. Mais je ne voudrais pas, cette fois, qu'on perde 20 ans à croire aux promesses. Je suis assez surpris d'ailleurs de constater que tant de personnes pensent que le problème serait quasiment réglé simplement parce que de bonnes intentions ont été affichées au cours de la campagne présidentielle. Ce qui m'étonne encore plus, c'est donner du crédit à la nouvelle équipe du Président de la République qui avait, au cours des 5 dernières années, tous les pouvoirs pour agir. Pourquoi ce qui n'a pas été fait hier pourrait se faire aujourd'hui et demain ? Vraiment, j'ai du mal à les croire. C'est pour cela que je veux faire pression, pour dire et agir. Pour être vigilant, dénoncer mais aussi proposer. Il faut agir. C'est pourquoi, je vois mon rôle comme celui d'un futur élu qui défendra des réalisations concrètes qui répondent vraiment aux enjeux.
Question : Quelle alternative politique et comportementale préconisez vous ? Vous aviez envisagé de plonger dans le Rhin, en cas d'élection... Cela tient toujours ?
Yann Wehrling : En politique, il faut toujours rester modeste mais persévérant... du moins tant qu'on a quelque chose à dire ou à défendre. Je vois trop de candidats qui se présentent sans même savoir pour quoi. Ils n'y vont que pour se faire élire puis occupe le poste pour ne rien en faire. C'est attristant et dommage... voire dangereux pour la démocratie car de trop nombreux élus agissant ainsi décrédibilisent l'action politique et font croire à tout le monde qu'on ne peut rien faire, qu'il faut se résigner. Modestie, c'est écouter, entendre les gens, ne jamais mépriser les idées des autres, ne jamais se croire vainqueur de tout avant l'heure. Persévérance, c'est croire dans ses idées, les défendre, mais aussi avoir le seul objectif d'atteindre des caps sans le faire dans la violence et le faire accepter par une majorité. Et puis, parfois, il faut se mouiller la chemise. Utiliser les symboles aussi pour afficher sa détermination... alors évidemment, oui, je tiendrai cet engagement, aussi ludique que symbolique, de me baigner dans le Rhin si je suis élu député le 17 juin prochain. Symbolique car je pense que l'eau est un sujet majeur encore trop mis de côté. Sur les 577 députés qui siègeront, il faut cibler ses combats pour être efficace et utile. Pour moi, ce sera l'eau, la nourriture, et l'énergie... avec toutes les conséquences écologiques mais aussi sociales positives qui en découleront..
14:00 Publié dans Nos rencontres | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : yann wehrling, strasbourg, législatives, alsace, verts, 2, politique





Commentaires
Vous êtes gonflés Cagliostro, on vous disait de "droite" voire "des droites" !
Ecrit par : Hector | 21.05.2007
Etonnant entretien, dommage que vous n'ayez pas demandé à ce candidat s'il plongerait avec Mister x et d'autres !
Rappel :
http://www.hoenheim.com/2007/03/yann_wehrling_s.html
J'adore quand le politiquement correct s'estompe. Bravo pour votre blog !
Question à Yann Wehrling : Que pensez vous de l'attitude du Ps à votre encontre ?
Ecrit par : yVanoe | 21.05.2007
J'sais pas, mais il me plaît bien le "petit" Wehrling... Un élu vert alsacien au plan national, ça serait franchement sympa et un peu folklo !
Ecrit par : Chiraquien | 22.05.2007
Le vert n'est pas la bonne couleur. Il n'y a pas d'es-poire. L'écologie n'est plus l'apannage d'un parti (heureusement) et plus des Verts. S'ils reproduisent le merdier de leurs instances dans les couloirs de notre assemblée nationale je nous souhaite bien du plaisir. Déjà qu'au ni-veau européen les verts sont contre Strasbourg. Alain Liepietz c'est prononcé contre les institutions européennes à Strasbourg. Ne parlez pas non plus de Dany le rouge !
Ecrit par : alsaco | 24.05.2007
Je crois que Yann a une certaine fraicheur, un vrai volonté de faire bouger les choses et de l'expérience ce qui pour exercer la responsabilité de député, n'est pas la moindre des choses.
Au delà de son appartenance partisane, n'est ce pas le plus important.
Ecrit par : ciceron | 24.05.2007
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